Les ministres du Commerce des pays membres de l’Union africaine ont à nouveau lancé un appel pour un renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) et de la dérogation sous le Third Country Fabrics pour une période de pas moins de quinze ans. C’était lors de leur récente rencontre à Addis Abeba, Éthiopie, réunion consacrée en grande partie au processus de lancement du projet d’établissement d’une zone de libre-échange au niveau continental.
Cette rencontre ministérielle était précédée d’une session de travail entre les experts en matière de commerce des pays membres de l’UA. Elle a été marquée par l’annonce d’un report du lancement de la zone de libre-échange (Free trade area) tripartite. Cette FTA va regrouper les pays des trois blocs régionaux que sont la SADC (Southern African Development Community), le COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) et l’EAC (Eastern African Community). Le lancement officiel de cette FTA tripartite était programmé pour la mi-décembre 2014 au Caire mais il a été convenu qu’il aura lieu dans deux mois dans la capitale égyptienne.
Pour ce qui est de la création d’une zone de libre-échange regroupant l’ensemble du continent africain (54 États au total), les ministres du Commerce de l’UA ont convenu qu’une prochaine rencontre se tiendra en avril 2015 toujours à Addis Abeba en vue de délibérer sur les modalités des prochaines négociations. À l’ouverture de la réunion d’experts en matière de commerce de l’UA au début de la semaine dernière, la Commissaire au Commerce, Fatima Haram Acyl, avait plaidé pour une accélération du processus de lancement des négociations annoncé pour 2015.
Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevedo, qui participait également aux travaux de la réunion ministérielle, avait salué l’initiative de l’UA d’établir une FTA continentale. Il avait fait ressortir que l’Afrique a été, en 2013, à la base des résultats positifs enregistrés au niveau des échanges commerciaux internationaux. Roberto Azevedo avait souligné que des mesures encourageantes pour la réduction des barrières au commerce ont été prises par des pays africains notamment par la mise en place de zones de libre-échange régionales.
Cependant, le directeur général de l’OMC avait fait ressortir que le commerce intra-africain demeure faible et que les membres de l’OMC veulent régler les problèmes liés au commerce en proposant des mesures de facilitations à travers le programme adopté à Bali, en Indonésie. Le programme de facilitation des échanges va, selon lui, déboucher sur une réduction de 15 % du coût du fret pour les pays en développement. À la réunion des ministres du Commerce de l’UA à Addis Abeba, il a été suggéré que dans le cadre des discussions au sein de l’OMC lors du Doha Round, les préoccupations des pays en développement, en particulier ceux qui sont les plus vulnérables, soient tenues en compte.
Par ailleurs, Arancha Conzalez, directrice de l’International Trade Centre, également présente à la réunion ministérielle de l’UA, a parlé des priorités de l’organisation pour 2015/2016 conformément au plan stratégique. L’ITC compte créer un Observatoire du Commerce africain, soutenir les actions favorisant le développement du commerce inclusif dont le développement des femmes. L’ITC a aussi inscrit la promotion de l’investissement et des petites et moyennes entreprises à son programme.
Rappelons que Maurice était représentée à la réunion de l’UA par Assad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Division du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.