Le ministre Bunwaree se demande ce qu’il adviendrait dans l’éventualité où le futur Président de la République, Navin Ramgoolam, décéderait ou serait dans l’incapacité d’assumer ses fonctions. Par ailleurs, Yatin Varma et lui ont fait front commun contre un candidat pressenti sous la bannière rouge/mauve, parenté à une haute personnalité du pays, bien que sans jamais le nommer.
Les relations tumultueuses entre le ministre Bunwaree et l’ancien Attorney General et député de la circonscription Yatin Varma semblent chose du passé. Tous deux se sont alliés hier soir, au centre social de Plaine-Magnien, pour faire bloc contre un candidat pressenti sous la bannière rouge/mauve et parenté à une haute personnalité du pays.  Selon des informations disponibles sur place, Dhanajay Ramphul, gendre du président de la République, qui fait déjà campagne sur le terrain depuis plusieurs mois, qui serait visé.
Vasant Bunwaree, de son côté, multiplie les réunions avec le Constituency Labour Party (CLP) et ses partisans. Il s’interroge sur la « main mise du MMM » dans l’éventualité où le futur Président de la République pressenti, Navin Ramgoolam, dans le cadre de la IIe République, venait à décéder ou était déclaré incapable d’assumer ses fonctions. Selon la logique des choses, Vasant Bunwaree souligne qu’en cas de décès d’un Président de la République avec pouvoirs, sous la IIe République, ce serait alors au vice-Président, Jayen Cuttarree, d’assumer ce poste. Or, dit-il, dans ce cas, Paul Bérenger serait Premier ministre, Jayen Cutarree Président et Arianne Navarre-Marie Speaker de l’Assemblée nationale. Le pays, estime-t-il, serait alors exclusivement gouverné par des membres du MMM. « J’ai exposé cette situation au Premier ministre. Je préconise des “garde-fous” », déclare-t-il. Il a donc demandé à ses partisans de réfléchir à une solution avant de la faire parvenir à travers le réseau du CLP. Son ancien rival, Yatin Varma – en qui le Dr Bunwaree voit un allié de taille dans la conjoncture actuelle avec une alliance rouge/mauve –, a préconisé que ce soit le Chef-Juge qui assume la suppléance durant la phase de transition en cas de décès du Président de la République.
Tout en faisant l’exposé du système électoral sous la IIe République, Vasant Bunwaree a fait valoir qu’alors que les négociations butaient dans les années 90’ pour une alliance Ptr/MMM, il avait alors soutenu Paul Bérenger en tant que No 2. Il a de plus rappelé qu’il était parmi ceux ayant soutenu l’actuel Premier ministre, Navin Ramgoolam, à faire ses premiers pas dans la politique active à son retour à Maurice.
Yatin Varma, pour sa part, a longuement justifié son absence dans la circonscription une fois les suffrages remportés en 2005-2010. Et d’expliquer aux partisans présents que c’était dû au fait qu’il occupait à l’époque le poste d’Attorney General et qu’il ne pouvait donc pas se mêler de politique active. Faisant état de son bilan en tant qu’Attorney General, où il a présenté 25 projets de loi, dit-il, il explique que ses déboires ont ensuite commencé à la suite d’un « incident », accusant le MSM, et plus précisément Pravind Jugnauth ainsi que l’avocat de ce dernier, Me Roshi Bhadain, d’avoir « tout orchestré ». Il s’est ensuite réjoui que les charges qui pesaient contre lui aient toutes été rayées en Cour de District de Rose-Hill.
Yatin Varma s’est ensuite lancé dans une diatribe contre un homme de loi pressenti comme favori au No 12 . La présence de ce dernier, estime-t-il, est « illégitime ». Et son lien de parenté avec une haute personnalité du pays « ne lui donne aucun droit de s’auto-proclamer » futur candidat. Selon lui, il est « primordial » que les candidats passent par le CLP pour être légitimes.
À noter que Vasant Bunwaree et Yatin Varma se sont tous deux gardés de parler de tickets, et encore moins de leur avenir politique. Ils ont toutefois juré « fidélité » au Ptr, « peu importe la décision de Navin Ramgoolam ».