Trêve de nombrilisme ! Nous avons intérêt à ne jamais oublier que nous évoluons dans un environnement mondialisé qui pèse plus que jamais sur notre devenir, le devenir mauricien.
La planète Terre vit une période de méga-transition historique qui va mettre fin à près de cinq siècles de domination occidentale. Ce processus est irréversible et multidimensionnel – politique, économique, militaire, culturel. A travers le monde, en bonne intelligence, les têtes pensantes sont en train d’intégrer cette donnée fondamentale dans toute réflexion – action stratégique pour fixer les orientations concernant l’avenir de leurs entreprises, de leurs pays, de leurs régions respectifs. Est-ce qu’à Maurice nous avons pris pleinement la mesure et jaugé la portée de cette transition, et saisi sa signification profonde ? Si l’on se fie aux multiples références à ce phénomène dans le discours des représentants de nos élites politiques et économiques, on pourrait conclure positivement. Mais quand on sait que trop souvent nos élites tombent dans le travers de « geste touye connaissance », quand elles ne voient pas « plis ki zot bout nene », il ne faut rien prendre pour acquis. Il y a un besoin d’une réelle compréhension de la transition méga-historique en cours.
Concrètement pour l’économie mauricienne, cette transition se traduit par une stratégie de diversification de nos marchés tant pour les exportations que pour nos importations. Le secteur où cela se fait le plus sentir est le tourisme avec le télescopage des conséquences de la crise dans la zone euro et l’émergence de nouveaux marchés tels la Chine, l’Inde et la Russie. Il nous faut changer la structure de notre commerce extérieur – importations et exportations -, héritage de notre passé colonial. Cette transition va nécessiter des changements dans plusieurs domaines. S’ils ne vont pas s’opérer overnight, ils sont toutefois incontournables.