Le 1er octobre 1949 restera à jamais gravé en lettres dorées dans l’histoire de la Chine lorsque Mao Zedong, au balcon de la Cité Interdite, l’ancienne résidence des empereurs au coeur de Pékin, annonçait en ce matin solennel la proclamation de la République populaire de Chine devant une marée humaine, après son triomphe sur les nationalistes menés par le général Chiang Kai Shek qui s’exila subséquemment à Formose.
L’histoire de ce peuple est jalonnée de grandes invasions, famines, inondations chroniques, guerres civiles et révolutions. A partir de cette date historique, une ère nouvelle s’ouvrait. C’était la fin des différentes oppressions étrangères qui avaient déchiré, massacré et humilié le peuple chinois depuis plus d’un siècle. Un travail gigantesque attendait les dirigeants au seuil de leur victoire pour relever, pour reconstruire et pour ranimer la fierté de la Chine. Dans un tonnerre d’applaudissements et des hourras, avec des larmes aux yeux, des rires et la gorge nouée, la foule immense saluait les dirigeants. « Le peuple s’est levé ! » proclama Mao dans son accent paysan de Hunan.
Après plus d’un siècle de violence et de bouleversements, la Chine était exsangue. Devenue aujourd’hui la deuxième puissance économique du monde, cette grande nation ancrée dans le XXIe siècle reste pourtant un pays émergent, parcouru de nombreuses tensions où les inégalités sont de plus en plus criantes entre villes et villages. Mao reste avant tout le fondateur de la Chine nouvelle malgré ses excès. Deng Xiaoping, autre figure de proue, surnommé « The Little Big Man », est l’architecte incontestable de l’ouverture de la Chine avec son plan de grande modernisation. Il a accéléré les quatre étapes de modernisation. D’autres dirigeants comme Jiang Zemin et Hu Jintao ont laissé des empreintes indélébiles en contribuant à leur manière à consolider les fondements de la Chine nouvelle sur des bases solides. Tous les observateurs politiques, même ses détracteurs les plus acharnés, restent émerveillés par la progressive renaissance de ce géant qui lave les humiliations du passé. On reste ébahi que la Chine ait pu émerger tandis que paradoxalement nous avons assisté à la chute du Mur de Berlin, l’éclatement de l’Union soviétique et la balkanisation des Etats yougoslaves. La Chine est un pays où cohabitent le communisme et le capitalisme. Un pays aussi vaste que le Royaume du Milieu avec ses 56 minorités et ses 27 Etats partageant leurs frontières avec plusieurs pays voisins. Un pays qui, malgré tous ses soubresauts, connaît une stabilité exemplaire à faire pâlir d’envie l’Occident. Pour tenter de le déstabiliser, des forces obscures ont essayé par tous les moyens, dans un récent passé, de fomenter des troubles à Xinjiang et au Tibet avec l’aide des fauteurs de troubles patents.
La Chine est un État multi-ethnique constitué de plusieurs peuples très différents, qui parlent chacun leurs langues, ont chacun leurs religions et leurs coutumes. Toutes ces composantes font partie intégrante du pays bien que l’entente soit parfois difficile et fragile.
La Chine, qui se métamorphose à une vitesse fulgurante, représente un quart de l’humanité. Elle est un pays étendu et peuplé. Elle n’a pas de leçon de démocratie ou de droits de l’Homme à recevoir de qui que ce soit. Elle a hérité d’une civilisation plus que millénaire. Confucius a développé sa pensée avant même Socrate. La pensée chinoise a depuis l’aube de sa civilisation conservé une importance cruciale au cours des siècles. La famille reste le pilier du progrès. Les avancées techniques de la Chine sont abondamment citées et reconnues par tout un chacun : le papier, l’imprimerie, la boussole et la poudre à canon, pour ne citer que cela. En 2003, elle a même envoyé un homme dans l’espace. Elle a démontré son niveau technologique et industriel et est aujourd’hui parvenue à la hauteur de l’Occident.
C’est malheureux de voir, chagrinant même, de constater que dans certains secteurs, on continue à distiller des idées reçues de la Chine. Quant à certains Occidentaux, il leur faudra réagir de manière moins belliqueuse pour laisser la Chine prendre la place qui lui convient sur l’échiquier mondial. Nous devons admettre que le monde a changé et que le XXIe siècle sera inéluctablement celui de la Chine et de l’Inde.
Ainsi la Chine retrouvera sa place qui fut la sienne dans le contexte de la mondialisation. Tandis que L’Europe s’enfonce davantage dans la crise de l’euro, sans précédent, la Chine connaît, elle, une croissance honorable. Le conflit sino-japonais qui sévit actuellement est une revanche de l’Histoire, après l’invasion de la Chine par les Japonais et les humiliations subies par le peuple chinois à leurs mains. Le livre The Rape Of Nanking retrace les atrocités commises par les Japonais envers les Chinois.
Que l’amitié et la coopération entre la Chine et Maurice ne cessent de grandir d’année en année. En cela, nous avons une pensée spéciale pour sir Seewoosagur Ramgoolam et Chou En Lai pour leur vision en matière de diplomatie. La Chine, considérée autrefois comme un paria par McCarthy, fait aujourd’hui entendre sa voix sur la scène mondiale.
Le peuple chinois a retrouvé sa fierté et sa dignité. L’histoire de cette nation mérite d’être lue et racontée pour connaître son cheminement à travers les siècles et surtout la pérennité de sa culture.