La marche revendiquant l’avènement d’une république non-communale dans les rues de la capitale, hier après-midi, a failli dégénérer quand des policiers en civil ont procédé à l’arrestation de deux participants à la fin de la manifestation. Pour des raisons encore à être élucidées officiellement, Margaret Savrimootoo, 59 ans, militante syndicale, habitant Beau-Bassin, et Sandiren Ramasamy, 27 ans, de Quatre-Bornes, ont fait l’objet d’une interpellation musclée de la part de ces policiers et ont été conduits sous forte escorte policière aux Casernes centrales à des fins de détention. Devant la tournure des événements, des participants à la marche ont organisé un sit-in sur La-Chaussée, à hauteur du Jardin de la Compagnie, bloquant le trafic routier et réclamant la remise en liberté sans condition de ces deux personnes.
« Nous n’arrivons pas à comprendre la raison qui a poussé ces policiers en civil à appréhender ces deux participants à la marche. De ce que nous avons pu constater, aucun acte répréhensible n’avait été commis. La manifestation était déjà finie et les manifestants prenaient le chemin du retour quand la police a décidé de passer à l’action », a déclaré Ashok Subron, un des animateurs de la manifestation d’hier en marge des célébrations du 44e anniversaire de l’Indépendance et du 20e de la République.
« D’un commun accord, tous ceux encore présents devant l’Hôtel du gouvernement et qui s’apprêtaient à rentrer prirent la décision d’occuper La-Chaussée tant que ces deux camarades n’étaient pas libérés. Nos conseils légaux, Nilen Vencadasmi et Dev Ramano, sont intervenus auprès des autorités policières pour les démarches relatives. Entre-temps, nous avons eu à faire preuve de retenue face à la provocation de certains fauteurs de troubles qui avaient tenté de faire dérailler la marche, qui s’était déroulée dans le respect de la loi », a poursuivi Ashok Subron, dénonçant la démonstration de forces de la police en déployant des éléments de la Special Supporting Unit (SSU).
D’autres sources officieuses avancent que les problèmes auraient pour origine la décision de la police de mettre fin à la marche, vu que la durée légale avait été nettement dépassée. C’est ainsi qu’un véhicule utilitaire, qui était en tête du cortège et diffusant de la musique, fut pris pour cible. Mais des échaufourrées devaient éclater entre des marcheurs et des policiers avec les arrestations.
Après plus d’une heure de discussions au poste de police des Casernes centrales, les deux personnes en état d’arrestation furent libérées avec toutefois la menace d’une inculpation provisoire d’obstruction aux forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Les organisateurs de la manifestation ont mis en garde les autorités contre toute nouvelle tentative d’intimidation par le biais des inculpations provisoires.
Jusqu’à ces incidents, la marche pour l’avènement d’une nouvelle République non-communale, qui avait réuni un millier de personnes ou encore 2,000 selon les organisateurs, s’était déroulée dans une ambiance bariolée et haute en couleurs. Tout le long du trajet des magasins Courts à Bell-Village à l’Hôtel du gouvernement, des groupes de jeunes, de syndicalistes, de laboureurs, de pêcheurs, de travailleurs du port, entre autres, scandaient, au son de la musique, des slogans allant de l’élimination du communalisme en politique en passant par une amélioration du niveau et de la qualité de la vie, sans oublier la dénonciation de la politique de privatisation.
Les organisateurs de cette manifestation se félicitent de l’événement et rappellent qu’il ne reste qu’une vingtaine de jours aux dirigeants politiques pour venir de l’avant avec une réforme électorale en bonne et due forme. Faute de quoi, la cour Suprême sera saisie de toute l’affaire, comme recommandé par le Privy Council à la fin de l’année dernière…