Rakesh Gooljaury, le patron de Fashion Style et ancien partenaire d’affaires de Nandanee Soornack, devenu aujourd’hui la coqueluche de certaines personnalités de l’Alliance Lepep, n’a pas seulement bénéficié de largesses sous forme de State Land Leases ou encore de prêts bancaires portant sur des certaines de millions de roupies. Que ce soit à la Cargo Handling Corpration (CHC) ou à la Mauritius Revenue Authority (MRA), cet homme d’affaires hors du commun dans le business hors taxes a obtenu des exonérations fiscales et autres charges portuaires pour ses importations au cours des années précédentes.
Profitant de sa proximité avec le précédent gouvernement de Navin Ramgoolam et de son partenariat avec la femme d’affaires rouge Nandanee Soornack, aujourd’hui en état d’arrestation en Italie, Rakesh Gooljaury semble avoir tout eu sur un plateau doré pour faire prospérer son business. Des documents en possession du Mauricien indiquent que, pour l’aménagement des boutiques hors taxe au nouveau Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal, il a obtenu un coup de pouce non négligeable du Board of Investment (BOI). Des concessions fiscales de 50 % sous la Customs and Tarif Act ont été accordées au patron de Fashion Style sur des « fittings, accessories, equipment and furniture which shall be for the exclusive use of the company’s retail outlet situated at the new terminal of SSR International Airport and not intended for use by any other person, for sale or transfer ». Ces exonérations fiscales sont confirmées dans une correspondance émanant du BOI en date du 10 juin 2013 portant la référence BOI/hpd/cdr, avec des copies au secrétaire financier et au directeur de la MRA.
Rakesh Gooljaury a également bénéficié des faveurs de la CHC au sujet des frais de stockage (storage charges) sur quatre conteneurs de produits de la marque Hugo Boss importés d’Allemagne. Ces conteneurs, qui ont été débarqués au Mauritius Container Terminal (MCT) le 12 avril 2013, n’avaient pu être livrés à Fashion Style dans les délais, la raison étant que « upon arrival, the said containers were withheld by the Mauritius Revenue Authority (Customs Division) for investigation ». Cet exercice ne fut complété que le 10 juin, la CHC imposant des “storage charges” de Rs 274 630. Rakesh Gooljaury devait protester contre ces frais par auprès de la CHC. Le Managing Director (MD) de la CHC, Gassen Dorsamy — dont les salaires sont de Rs 250 000 par mois, dont des allocations de Rs 50 000 —, devait porter cette affaire devant le board lors de la réunion du 31 juillet 2013 pour le feu vert de l’annulation de ces frais de stockage selon les « Guidelines for Refund of Storage Charges ». À la même époque, cette même exemption ne fut pas accordée à une autre société qui s’était retrouvée avec 37 conteneurs de pochettes de ciment dans le port. Les frais de stockage imposés à cette société se montaient à Rs 2,1 millions.
Les dernières faveurs obtenues par Rakesh Gooljaury sous le précédent gouvernement remontent à la veille des dernières élections générales. Le même jour, la Mauritius Post and Cooperative Bank Ltd (MPCB), dont le Chief Executive Officer (CEO) n’était autre que Rajiv Kumar Beeharry-Panray — qui fait l’objet d’une “Objection to Departure” —, avait accordé quatre prêts au patron de Fashion Style Ltd pour un total de Rs 517 millions, soit Rs 252 millions en devises étrangères (six millions d’euros), Rs 150 millions, Rs 65 millions et Rs 50 millions. Les garanties offertes en contrepartie de ces emprunts font actuellement l’objet d’une enquête de la part des inspecteurs de la Banque de Maurice en vue d’établir un “stress test” et d’identifier les “toxic assets”.