Déplorant la révision des “Trade Fees” par les collectivités locales, le Front commun des commerçants de l’île Maurice (FCCIM) avait fait un appel à la Competition Commission pour que cette dernière oblige l’Association of Urban Authorities (AUA) à revoir sa position sur ce dossier. Après avoir écouté les arguments de Rashid Daureeawoo, président de l’AUA, à ce sujet, la commission a décidé de se retirer de l’affaire.
Dans une lettre envoyée le 2 avril aux présidents de la FCCIM et de l’AUA, la Competition Commission a expliqué ne pas avoir les compétences requises pour aller de l’avant avec l’enquête initiée au sujet des nouveaux tarifs des “Trade Fees”. En effet, depuis le début de l’année, de vives contestations ont été émises contre l’augmentation des tarifs commerciaux payables par divers opérateurs économiques aux collectivités locales. Dans certains cas, une hausse de 150% avait été enregistrée. Dénonçant « l’exagération » de cette hausse, le FCCIM, en collaboration avec la Mauritius Shop Owners Association (MSOA) entre autres, a entamé une série d’actions afin que ces derniers reviennent sur leurs décisions. Si dans un premier temps, les municipalités ont accepté de revoir à la baisse cette hausse, il est important d’indiquer que les Conseils de District n’ont pas abondé dans ce sens. Après plusieurs ateliers de travail, une décision avait été prise pour que l’AUA revoit les chiffres de janvier à la baisse. Selon les informations obtenues, une révision d’au moins 50% était prévue. Mais du côté du FCCIM, la demande pour l’annulation d’une quelconque hausse a été maintenue. Selon Raj Appadu, la conjoncture économique, ainsi que les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques, rendraient le paiement de leur licence « difficile », voire « impossible ». C’est dans cette optique que le FCCIM a demandé à la Competition Commission d’initier une enquête. Après avoir pris note des explications des deux partis, la CC a estimé qu’elle ne détenait pas les compétences nécessaires pour aller de l’avant avec son enquête. « Les municipalités ne sont pas des commerçants et encore moins des entreprises », soutient Rashid Daureeawoo, président de l’AUA. « D’où l’abandon de la CC dans cette affaire. » Bien que la situation sera communiquée ce lundi aux membres de l’AUA, le président de l’AUA et maire de Beau-Bassin–Rose-Hill a exprimé le souhait pour que l’application des nouveaux “Trade fees” se fasse le plus vite possible. Du côté du FCCIM, ce volte-face de la CC ne serait pas synonyme de découragement. « Nous espérons que l’AUA jouera le jeu parce que c’est notre dernier recours », dit-il. Et d’annoncer la rencontre des membres de son association dans les jours qui viennent afin de décider de la marche à suivre.