Dans son mémoire au ministre du Travail, Sudesh Callichurn, dans le cadre de la révision de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act, la Fédération des travailleurs unis (FTU) réclame, entre autres, l’inclusion du droit de grève dans la Constitution. Cette fédération syndicale argue que faire la grève est « un droit humain fondamental du travailleur ».
« Le droit de se rassembler et de s’organiser fait déjà partie de notre Constitution et cela ne peut être contesté. Nous considérons par ailleurs que le droit de grève est un droit humain fondamental et, en tant que tel, ce droit doit être inclus dans notre Constitution. C’est la seule option pour faire progresser les droits des travailleurs ! » a argué Atma Shanto, président de la FTU, lors de la présentation ce midi au siège de la centrale syndicale du mémoire de sa fédération syndicale, soumis la semaine dernière au ministre du Travail, Sudesh Callichurn, dans le cadre de la révision de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act.
Dans cette même logique, la FTU plaide en outre pour le paiement de salaire des jours de grève. « Nous nous souviendrons que le ministre des Finances, Vishnu Luchmeenaraidoo, dès son entrée en fonction, a demandé à l’industrie sucrière de payer leur salaire aux travailleurs qui avaient fait la grève », explique-t-il.
Toujours dans l’optique de consolider davantage les droits des travailleurs, la FTU propose que les syndicats en général aient librement accès aux sites de travail, car actuellement seulement les syndicats reconnus par le patronat jouissent de ce privilège. « Aujourd’hui, il y a des secteurs, comme l’hôtellerie, où les employés travaillent 24/24h selon un système de rotation. De ce fait, les syndicats doivent pouvoir rencontrer librement leurs éventuels membres pour une meilleure défense de leurs droits », relève Atma Shanto.
Dans la même veine, la FTU plaide pour que la révocation de la reconnaissance d’un syndicat pour n’avoir pas respecté une des provisions du Procedural Agreement soit abolie. En effet, un employeur peut actuellement demander au Tribunal de l’Emploi de révoquer la reconnaissance d’un syndicat qui n’aura pas respecté in toto le Procedural Agreement. « Révoquer ainsi la reconnaissance d’un syndicat est un abus des procédures, car notons qu’un employeur n’est pas, lui, sanctionné s’il ne respecte pas le Procedural Agreement », explique Atma Shanto.
D’autre part, pour éviter des licenciements abusifs, la FTU réclame la réinstitution du Termination of Contrat Service Board (TCSB). « En l’absence d’une instance qui évalue les raisons des fermetures et des licenciements, ce sont les représentants syndicaux qui sont abusivement licenciés en premier », plaide-t-il.
La FTU réclame également la réduction du délai de la part des employeurs pour reconnaître un syndicat de 60 à 30 jours. De même, la centrale syndicale réclame un libre accès aux informations d’une entreprise, et ce pas uniquement durant la période de négociations. En outre, elle exige l’extension du paiement de la pension à vie, et non de 7 ans seulement? comme présentement. La centrale syndicale veut aussi l’institution d’un salaire minimum. « L’introduction d’un salaire minimal sans abolir les Remuneration Orders existants est raisonnable », persiste Atma Shanto.
L’extension des pouvoirs de la Commission Nationale des Droits Humains pour enquêter sur les violations des droits de travailleurs du secteur privé, l’abolition du certificat de moralité pour accéder à un emploi afin de faciliter la réinsertion sociale et la liberté à un travailleur de loger une plainte au Tribunal de l’Emploi sans avoir à rechercher au préalable l’aval de son employeur sont les autres revendications de la FTU.