Le président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF), Somduth Dulthumun, a affirmé que Maurice « n’a rien à craindre » avec la révision du traité de non-double imposition (DTAT) avec l’Inde. C’était hier lors d’une conférence de presse sur la révision de cet accord régissant les investissements entre Maurice et l’Inde. « Notre offshore a la capacité de rebondir. Si, d’un côté, nos transactions diminuent avec l’Inde, de l’autre, nous avons toujours le continent africain, où il y a un grand potentiel. C’est un océan d’investissements qui peut devenir un salut pour nous. »
Somduth Dulthumun a indiqué que ce n’est pas la première fois qu’on met fin à un accord économique, citant le protocole sucre et l’accord multifibre pour le textile. « Le prix du sucre a chuté de 37%, ne provoquant aucun bouleversement dans le pays. C’était un coup de massue, mais la population a su se relever et rebondir de cette situation. Il en est de même pour notre secteur textile. » Selon lui, la période moratoire offerte par l’Inde en 2017 et 2019, pour certaines clauses, fait que Maurice aura toujours des avantages avec ce pays. « Certaines personnes pensent que les investisseurs délaisseront notre pays pour d’autres juridictions, mais ce n’est pas vrai, car l’Inde révisera aussi son accord avec Singapour sur la même ligne que celle de Maurice. Les autres juridictions seront traitées comme Maurice », a indiqué Somduth Dulthumun. Et d’ajouter : « Je suis positif, car Maurice est un centre crédible de la haute finance comparé à d’autres juridictions. » Le président de la MSDTF a estimé que beaucoup d’investisseurs utiliseront Maurice pour investir en Afrique. « Nou bizin kapav dibout lor nou lipie. Nous nous envolerons de succès en succès », a-t-il déclaré.
Somduth Dulthumun a également précisé que les investisseurs ont, pendant une trentaine d’années, « fait d’énormes profits », en ne payant pas de taxes, ni à Maurice ni en Inde. « Nous aurions dû prévoir que ces avantages n’allaient pas durer. Nous savions que cet accord arriverait à terme un jour. L’Inde nous a informés depuis plusieurs années qu’elle mettra fin à cet accord. Le gouvernement mauricien était bien averti, il savait que nos jours étaient comptés avec le DTAT. Mais l’ancien gouvernement n’a pris aucune action. Donc, le présent régime a dû prendre une décision. Si quelqu’un est responsable, c’est nous-mêmes », a-t-il déploré.
Somduth Dulthumun a conclu en rappelant que la révision de cet accord permet au gouvernement indien de « “track down the tax evaders” qui sont nombreux dans ce pays et qui font du “round-tripping” ».