Les fédérations syndicales du secteur public sont en mode de consultations avec la confirmation que le quantum de la révision salariale recommandé dans le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB) est davantage proche de 17 % que des 22 % annoncés par le ministre de la Fonction publique, Sutyadeo Moutia, mardi dernier lors du PRB Show. Ainsi, des fédérations et des syndicats dans la fonction publique prévoient une série de concertations d’ici le prochain week-end en vue de tâter le pouls de leurs membres pour décider de la marche à suivre pour la prochaine étape de la mobilisation syndicale. Néanmoins, l’unanimité syndicale autour du départ du directeur du PRB, Mohun Parsad Aujayeb, se renforce de jour en jour et le nom du précédent directeur, Bijaye Kumar Appanah, est cité comme étant celui susceptible de compléter l’exercice d’Errors and Omission. D’autre part, des avis syndicaux divergents sont exprimés quant à l’Option Form en vue de bénéficier des nouveaux barèmes de salaires et des conditions de service à compter du 1er janvier prochain.
Du côté de la plateforme syndicale menée par la Fédération des Syndicats du Service Civil, les dirigeants sont dans l’attente d’une séance de travail avec le gouvernement en vue de communiquer les principaux griefs et revendications par rapport au PRB. Mais en l’absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui se trouve actuellement en Europe, il existe très peu de chances que les Senior Ministers en fonction à l’hôtel du gouvernement prennent l’initiative d’une telle rencontre avec les syndicalistes sur un dossier avalisé par le conseil des ministres spécial de mardi dernier.
Toutefois, des sources autorisées avancent que les responsables des principales fédérations du secteur public peuvent s’attendre à une rencontre avec l’Administration de la fonction publique dans les prochains jours pour passer en revue la situation de grogne et de contestation suite à la publication du rapport du PRB. Mais à ce matin, aucune indication n’était disponible pour confirmer cette rencontre en vue de détendre la tension, qui s’est installée depuis la semaine dernière.
En cas de statu quo, il faudra s’attendre à une véritable levée de boucliers dans le milieu syndical. Déjà dès demain, le General Government Services Union (GGSU), un syndicat représentatif de la fonction publique et affilié à la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), se réunira en assemblée spéciale à la mi-journée. Les délégués commenteront les détails du rapport du PRB et réclameront le départ du PRB, comme l’a fait le président de cette fédération Rashid Imrith mercredi dernier.
De leur côté, les dirigeants de la plateforme syndicale, menée par la FSSC, poursuivent leur campagne de mobilisation en vue d’une assemblée spéciale des délégués, qui s’annonce déterminante pour la contestation du rapport du PRB. En début de semaine, ils ont fait comprendre aux fonctionnaires qu’il n’y a pas lieu de se presser pour signer les Option Forms distribuées par le ministère de la Fonction publique depuis lundi. Toute décision au sujet de l’option ne devra être entérinée que lors des délibérations de samedi au Centre Social Marie-Reine-de-la-Paix.
Néanmoins, une confusion se fait déjà sentir au chapitre de l’Option Form compte tenu des consignes divergentes émises. De son côté, le Mauritius Trade Union Congress a demandé à ses membres de ne pas signer l’Option Form en attendant la conclusion des consultations avec le gouvernement.
Par contre, Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers’ Union et membre de la plateforme commune regroupant les syndicats des enseignants du primaire, écrit dans une lettre circulaire aux enseignants que « nous demandons à nos membres de signer l’Option Form afin de ne pas être pénalisés et ainsi pouvoir bénéficier des miettes proposées dans le rapport du PRB ».
Plus loin, dans son analyse, Suttyhudeo Tengur prend carrément à contre-pied le ministre Moutia sur le montant de la révision salariale du PRB. « Au regard des chiffres par rapport au quantum, l’on se rend compte que la moyenne ne dépasse pas 17 %. Et si on accumule les différentes compensations salariales, le différentiel entre les salaires de décembre 2012 et ceux de janvier 2013 ne serait que dérisoire », souligne le président de la GHTU en lançant un appel à la mobilisation des enseignants pour le samedi 27 au Centre Social Marie-Reine-de-la-Paix et pour un meeting au Jardin de la Compagnie.