Reza Uteem

Le responsable des affaires économiques du MMM, Reza Uteem, a pris à contre-pied ce matin les porte-parole du MSM, qui ont affirmé samedi que « sur la base des remarques faites par le FMI la semaine dernière l’économie mauricienne se porte bien ». Il a soutenu que « ce n’est pas exact de dire que l’économie se porte bien ». Une lecture plus attentive de la déclaration du chef de la délégation du FMI et du communiqué, émis aux termes des consultations, démontre que le FMI « a tiré, entre les lignes, la sonnette d’alarme sur plusieurs points ».

En effet, les faits mis de l’avant par le FMI indiquent que l’objectif de croissance de 4% « ne sera pas atteint » encore une fois et que le taux devrait tourner autour de 3,9%. On constate de plus que la dette publique avoisinera le niveau de 64%. Ce qui, selon Reza Uteem, est « très élevé », d’autant plus, dit-il, que « la Public Dept Management Act de 2008 préconise une réduction de la dette à moins de 60% du PIB » à partir du 31 juin 2021. « On est encore loin des objectifs fixés car les chiffres officiels ne comprennent pas les réclamations de plusieurs milliards de roupies faites au gouvernement par Betamax et CTpower. Les dettes des “colourables devices” que sont les “special purpose vehicles” ne sont pas incluses dans les chiffres officiels bien que ces dettes seront remboursées à partir des deniers publics », a-t-il souligné. De son côté, le déficit du budget courant passe de 6% à 7%. Ce qui amène au FMI d’anticiper une hausse du niveau de la dette car le financement des infrastructures publiques nécessitera d’autres emprunts publics. « La situation va donc se détériorer », dit le président du MMM.

À ce tableau déjà sombre, il faut ajouter le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 7% du PIB. Il n’y a « aucune indication », selon Reza Uteem, que la situation va s’inverser. « Le secteur du textile va mal et empirera si CMT va de l’avant avec son projet de délocalisation », dit-il. Et d’ajouter : « J’aurais souhaité partager l’optimisme du FMI concernant le secteur financier mais tout semble indiquer que la situation se détériorera avec l’entrée en vigueur en avril 2019 de la Convention concernant la non double imposition avec l’Inde. Déjà, le Singapour a dépassé Maurice comme juridiction préférée des investisseurs étrangers. » Finalement, la remarque du FMI concernant l’importance des institutions indépendantes n’est pas passée inaperçue. Selon Reza Uteem, elle constitue une vraie claque contre la FSC et l’ICAC.