Les militants de Rezistans ek Alternativ et du Blok 104 ont rencontré la presse hier après-midi au siège de la Fédération des travailleurs unis à Port-Louis pour essentiellement commenter le projet de réforme électorale et les premiers résultats découlant de leur campagne au Privy Council. Les Mauriciens en général sont appelés à participer à un congrès prévu le samedi 4 février en vue d’une grande marche pacifique le 11 mars, soit la veille de la fête de la République. Objectif : une République non communale.
D’emblée lors de cet exercice médiatique, Ashok Subron, militant de Rezistans ek Alternativ, a expliqué que Maurice est au carrefour de son histoire vingt ans après son accession au statut de République.
« Il y a un choix simple mais fondamental à faire pour l’avenir de la République et la décision à prendre concernant le système politique que nous voulons avoir pour la génération actuelle et celle de l’avenir. Notre système politique va-t-il continuer à maintenir l’élément communal ? La question est simple mais fondamentale… » explique Ashok Subron. Et d’affirmer qu’il y a une adhésion citoyenne et populaire pour passer à une nouvelle République non communale et de se débarrasser du système politique teinté de communalisme.
Ashok Subron a par la suite cité des exemples des premiers résultats découlant de leur campagne au Privy Council, dont « le rapport Carcassonne qui nous donne raison et rejette le système de best losers ». Rezistans ek Alternativ et Blok 104 soulignent qu’à ce moment critique, il est primordial que les Mauriciens fassent entendre leur voix afin que « les forces qui résonnent toujours dans la logique des années 60 ne compromettent pas le progrès ».
Dans cette optique, étudiants, jeunes, mouvements des femmes, artistes, travailleurs sociaux et syndicalistes entre autres sont invités à un congrès le samedi 4 février en vue de former une « coalition » avec Rezistans ek Alternativ et Blok 104 et organiser une grande marche le 11 mars. « Dans le processus de cette marche, nous voulons que la question d’une République non communale devienne le ciment qui unifie ces mouvements », a laissé entendre Ashok Subron.
Concernant la position des partis politiques parlementaires, le militant de Rezistans ek Alternativ a expliqué : « Avec des prises de position, l’on note une volonté pour une République non communale mais il y a encore des forces conservatrices dans les deux principaux blocs. Si la position du Premier ministre Navin Ramgoolam est un peu plus claire ces derniers jours, à l’intérieur de son parti des forces conservatrices tentent toujours de bloquer l’avènement d’une réforme électorale non communale. Si la position officielle du leader de l’opposition Paul Bérenger est pour le maintien du Best Loser System dans le cadre d’une réforme électorale, beaucoup de personnes autour du MMM sont contre. Nous sommes dans une situation où il y a deux courants dans les deux blocs ».
Ainsi Rezistans ek Alternativ a-t-il lancé un appel à Paul Bérenger pour qu’il revoie sa position concernant le Best Loser System et qu’il prenne une décision correspondant aux valeurs qui constituent la genèse et la fondation du MMM. D’autre part, Rezistans ek Alternativ souhaite la présentation à la nation du projet de réforme électorale le 12 mars, jour de la fête de la République.