Il ne manque pas de rappeler, à cet effet, que les mêmes dispositions légales avaient été utilisées par un gouvernement PTr dirigé par Navin Ramgoolam en 1998 pour violemment démolir des squats à Camp Chapelon. Le porte-parole de Rezistans Ek Alternativ rappelle que c’est le précédent gouvernement PTr/PMSD dirigé par Ramgoolam et Xavier Duval qui avait chassé tout aussi « brutalement les ex-planteurs de Riche-Terre pour supposément permettre que le projet Tianli qui n’est jamais sorti de terre de décoller ».
Ashok Subron dénonce le modèle économique du présent gouvernement « se résume à exproprier sauvagement » les économiquement faibles de leurs logements durement acquis et de permettre, d’autre part, à des nantis, souvent des étrangers, d’acquérir des biens immobiliers de grande valeur dans les endroits les plus huppés. Pour lui, les conditions employées par l’Etat vendredi à La Butte et à Cité Barkly pour contraindre des résidents d’évacuer les lieux sur le tracé du futur Metro Express sont inacceptables pour tout gouvernement qui se veut responsable et qui tient sa parole.
Le porte-parole de Rezistans Ek Alternativ critique « l’imposition sans consultations du projet Metro Express que le gouvernement Lepep dirigé par Pravind Jugnauth critiquait, hier encore, dans l’opposition ». Il trouve que les méthodes employées, vendredi, pour déloger les résidents témoignent du même « entêtement dont avait fait preuve le gouvernement PTr dirigé par Navin Ramgoolam en 1998 pour démolir sauvagement les squats de Camp Chapelon ». Il cite le délogement par la force des ex-planteurs de Riche-Terre par le précédent gouvernement PTr/PMSD dirigé par Navin Ramgoolam et Xavier Duval.
« Il est indécent aujourd’hui que ceux-là mêmes qui avaient utilisé les mêmes dispositions de la Compulsory Acquisition Act pour chasser brutalement, d’une part, les squatters de Camp Chapelon et, d’autre part, les ex-planteurs de Riche-Terre de venir, aujourd’hui, se prétendre grands défenseurs de l’arbitraire du présent gouvernement dirigé par Pravind Jugnauth », dit Ashok Subron. Pour lui, il ne servira à rien « de faire partir Pravind pour réinstaller Navin ».
Dans « l’autoritarisme » du gouvernement en place, l’animateur de Rezistans Ek Alternativ perçoit « de la démagogie politicienne dans la présence des responsables du PTr et du PMSD auprès des déplacés de force de La Butte et de Barkly ». Pour lui, ceux-là, et encore plus ceux du PMSD qui ont été tour à tour au gouvernement, d’abord, avec Ramgoolam puis, ensuite, avec Jugnauth, ne seraient que des hypocrites qui ne s’avisent qu’à pratiquer une chose au gouvernement et dire tout le contraire dès qu’ils se retrouvent dans l’opposition.
Ashok Subron n’oublie pas Roshi Bhadain. Ce dernier, rappelle-t-il, ne s’était pas fait prier pour parler en des termes élogieux de « our metro » au retour d’une mission à New Delhi quand il était encore au gouvernement pour venir, dit-il, se prétendre aujourd’hui grand opposant au Metro Express : « Après être parti négocier l’aide indienne, il s’était permis, à son retour, de présenter le projet de Metro Express comme étant son ‘doing’. »
Qu’importe la décision de la Cour suprême, demain, Ashok Subron demande le gel de toute poursuite des opérations de démolition sur place et que des consultations soient entamées avec les résidents concernés. Il appelle parallèlement les travailleurs de l’industrie du transport par autobus à demeurer vigilants à la lumière des développements survenus vendredi.
Il rappelle, par ailleurs, que la plainte constitutionnelle qu’il a logée en Cour suprême pour contester les conditions d’accession de Pravind Jugnauth au primeministership sera appelée le mardi 19 septembre prochain. « Nous nous tenons prêts pour cette affaire », dit-il. Ashok Subron fait le constat d’une « profonde contestation sociale » dans le pays. « Ce n’est pas de la démagogie : la révolte grande », assure-t-il.
Interrogé quant à l’appel de Jack Bizlall du Mouvman Premier Me pour une candidature unique de gauche pour la partielle à Belle-Rose / Quatre-Bornes, le porte-parole de Rezistans Ek Alternativ a eu ceci à déclarer : « Nous entendons assumer notre candidature et n’avons aucune intention de nous engager dans quelque tractation. Il nous importe de respecter le choix que nous avons déjà fait d’annoncer que nous allons présenter un candidat ». Ce qui laisse comprendre que l’Union de la Gauche suggérée par Bizlall pour la partielle au No 18 se fera  sans Rezistans Ek Alternativ qui tient fermement à maintenir son candidat, Kugan Parapen, dans la course.