Pravind Jugnauth et Leela Devi Dookun induisent délibérément la population en erreur », soutient Ashok Subron, membre du comité national de Rezistans ek Alternativ. Le parti a longuement commenté le cas des femmes cleaners et est brièvement revenu sur l’actualité de la semaine, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, hier, à Moka.
Se référant à l’Employment Rights Act, Ashok Subron dénonce ouvertement les « agissements » du gouvernement mauricien qui bafoue et viole les droits de ces femmes cleaners. Documents à l’appui, ce dernier demande des explications à la ministre Leela Devi-Dookun et au Premier ministre Pravind Jugnauth qui « abusent de ces femmes. Une des questions fondamentales à laquelle nous demandons des réponses est : pourquoi le gouvernement a-t-il employé ces femmes cleaners sur une base contractuelle alors que ce métier est permanent in nature ? » « Il y a ainsi subversion de l’Employment Rights Act ! » laisse entendre Ashok Subron.
Rezistans ek Alternativ dénonce également le « désintérêt de l’Etat » dans cette affaire que le parti juge « très grave ». « Pourquoi disent-ils qu’ils n’ont aucune responsabilité ? Ont-ils lu la section 5 de la Procurement Act amendée en 2013 ? », se demande Ashok Subron qui soutient qu’il est du devoir légal de l’employeur, soit le ministère de l’Education, de spécifier et de définir les conditions de ses employés. Par ailleurs, il explique que le gouvernement n’a pas le droit de payer les contractuels si ces derniers n’ont pas respecté les lois du travail. « Si tel est encore le cas, le gouvernement doit cesser tout paiement immédiatement», déclare-t-il.
Le parti demande également aux autorités concernées d’expliquer pourquoi ces femmes cleaners doivent être traitées « less favorable », alors qu’elles ont droit aux mêmes conditions que les employées permanentes de l’institution : «Pravind Jugnauth s’est félicité d’avoir employé 137 femmes. Ce qui est bien, mais alors pourquoi ne peut-il pas le faire pour celles qui sont en grève ? »
Ashok Subron s’interroge aussi sur la nature du travail de ces femmes, qui consistait principalement à nettoyer les toilettes et la cour de l’école : « Pourquoi est-ce que c’est un part-time job ? Est-ce que les enfants ne vont aux toilettes qu’en début de journée ? Logiquement, elles travaillent de l’ouverture jusqu’à la fermeture des classes. Alors, pourquoi les traiter de la sorte ? » Et d’ajouter que la mise en place d’un Spread over n’aidera pas à résoudre ce problème : « Ce n’est pas la solution aux questions fondamentales que nous nous posons dans ce cas-ci. »
Le parti dit attendre de pied ferme les réponses de Leela Devi-Dookun et de Pravind Jugnauth qui « porteront l’entière responsabilité de leurs actes s’il devait y avoir un problème ».
Dans le deuxième volet de la conférence, le candidat Kugan Parapen est revenu sur les charges formelles contre Navin Ramgoolam. « Rezistans ek Alternativ accueille favorablement ces charges ainsi que la requête de mettre en place un Unexplained Health Unit. La loi doit être applicable à tout le monde », avance-t-il.
Le jeune candidat demande à cet effet au leader des rouges de démissionner afin de donner le bon exemple. « Il se dit être un homme changé, alors qu’il le prouve. Now is the time for him to walk the talk », dit-il. Outre l’affaire Ramgoolam, Kugan Parapen a aussi commenté l’affaire MCB/MPF et demande que l’on revoie la sentence en terme monétaire: « L’amende ne dépasse pas Rs 2 millions, alors que nous parlons de fraude de plus de Rs 800 millions ! C’est ridicule. Dans cette perspective, il est temps de remettre au jour nos lois. » Il regrette par ailleurs que seule la compagnie ait été incriminée et qu’il n’y ait pas eu d’incrimination individuelle dans cette affaire. « Les personnes responsables sont malheureusement en train de marcher librement », devait-il en conclure. 
Lors du point de presse, Arvind Ramsohok a parlé de sa participation aux réunions des Nations unies dans le cadre de la mise en place d’un Binding Treaty pour contrer les Transnational Corporates. Enumérant quelques moyens utilisés par ces compagnies transnationales pour contrôler l’économie d’un pays, dont le Double Taxation Agreement ou les Free Trade Agreements, Arvind Ramsohok avance que Maurice est directement concerné par cela. Des réunions sont prévues dans les semaines à venir avec les représentants des pays du monde entier concernés par ce problème « d’évasion fiscale ».