Pour Rezistans ek Alternativ, même si les ministres des Finances changent souvent à Maurice, la politique économique néolibérale reste inchangée. Commentant les propositions du Budget 2012, ses animateurs Ashok Subron et Devianand Narrain soutiennent que les gouvernements successifs sont devenus prisonniers d’un groupe de capitalistes locaux et internationaux. « Zot pe vanpiriz resurs nu pei, nu resurs imenn atraver lafors travay bomarse, nudybyen piblik atraver privatizasyon, ek nu resurs natirel atraver dilapidasyon later agrikol/kotyer ek resurs marinn. »
C’est pour cette raison, déclarent Ashok Subron et Devianand Narrain, que Rezistans ek Alternativ estime qu’il est nécessaire de développer une nouvelle force politique avec un programme pour un modèle alternatif de développement « avant qu’il ne soit trop tard ». Selon eux, l’absence d’une remise en question du dogme néolibéralisme fait que Xavier-Luc Duval n’a rien trouvé de mieux pour faire face à la crise du capitalisme global, hormis un plan de Rs 7,3 milliards à travers le National Resilience Fund pour « bail out » le secteur privé face à la crise financière mondiale.
« Dans ce budget, il n’y a aucune mesure de développement de nouveaux piliers économiques en vue d’assurer notre souveraineté alimentaire ou notre sécurité énergétique et la création d’emplois décents », affirment-ils. Selon eux, les projets sous le Food Security Fund sont détournés vers l’exportation. « Du côté de la Pêche, les nouvelles incitations vont enfoncer davantage le pays dans un paradoxe inacceptable où Maurice exporte des produits marins d’une valeur de Rs 10 milliards tout en important pour environ Rs 8 milliards de ces mêmes produits pour sa propre consommation. »
Poursuivant leur analyse, Ashok Subron et Devianand Narrain déclarent que le gouvernement Ptr/PMSD n’a annoncé aucune mesure pour inverser la tendance d’appauvrissement, l’inégalité sociale et l’endettement de la population. S’agissant des Petites et moyennes entreprises (PME), ils estiment que Xavier-Luc Duval « pe anfonse dan erer Rama Sithanen ek Pravind Jugnauth, pou repoz lor bann PME, pu absorb somaz ki pe remonte ».
« La baisse des taux d’intérêt facilitera l’accès des PME aux crédits, mais entraînera beaucoup de gens dans le piège de la dette vu que selon les statistiques trois sur quatre PME font banqueroute après un certain temps », déclarent les deux animateurs. La solution de « write-off » les dettes des PME, estiment-ils, est « foss e reprezant plito enn dopaz fas a lamonte somaz ».
Finalement, MM. Subron et Narrain estiment que la démarche de la Banque mondiale, visant à établir un registre social en vue d’introduire le « means testing » pour tous les services sociaux, remettra en question le principe de l’accès universel des Mauriciens aux droits sociaux tels que l’éducation et la santé gratuite et la pension de vieillesse.