Treize titres dans son 13’Or, présenté sous forme de coffret. Richard Beaugendre lance son cinquième album, le 26 janvier, lors d’un concert à l’IFM. De la poésie, des mélodies et des images pour dénoncer, sensibiliser et faire aimer les trésors de la vie. Un projet d’une grande richesse à conserver précieusement !
Bien plus qu’un simple album, le dernier opus de Richard Beaugendre constitue un trésor. Une richesse que le chanteur poète souhaite partager avec le public, ses fans et ses camarades. Un trésor que l’on peut apprécier au fil des morceaux, lorsque l’artiste chante pour les enfants, qu’il s’adresse à la femme ou qu’il évoque ses références musicales. Ou encore lorsqu’il parle de ses sentiments, de l’importance de l’amitié ou qu’il sensibilise les gens sur l’importance de l’eau, de l’existence de tout un chacun. Un trésor à conserver précieusement, confie-t-il.
Dès les premières notes de 13’Or, le ton est donné à travers Bann referans, un morceau où Richard Beaugendre cite plusieurs artistes qui ont marqué son adolescence et qui, d’une certaine manière, l’ont poussé à devenir celui qu’il est aujourd’hui. Les noms de Bob Dylan, Neil Young, Crosby Stills & Nash, James Taylor, Bob Marley, Scorpion, Carlos Santana, Stevie Wonder et pleins d’autres artistes rythment cette belle mélodie que Richard Beaugendre livre avec une certaine émotion.
Thèmes.
L’artiste se sent également concerné par un souci récurrent et majeur qui touche Maurice depuis ces dernières années : la pénurie d’eau. Il l’exprime dans Lapli, pour souligner que Maurice ne devrait pas faire face à ce type de problème. “Na pa pe konn arete… Prefer dir pa gaspiye”, dénonce-t-il.
Dans Grav sa, titre accentué par une contrebasse, il rappelle que tout le monde a droit au même traitement. San Pider dénonce l’attitude parfois provocante de certaines femmes qui réclament pourtant leurs droits. Ki sa lespri ? fustige les personnes atteintes de folie de grandeur.
Une fois de plus, Richard Beaugendre utilise la poésie et les mélodies comme vecteurs pour dénoncer et sensibiliser. “Je me sens concerné par ce qui se passe autour de moi. J’apporte ma contribution à ce combat.” Un combat que mène également Hansley Poinen qui, le temps d’une chanson, a mis sa batterie de côté pour clamer Ase Touye. “Il fallait que ce soit un jeune, une voix innocente qui vienne dénoncer ce problème.” Avec un timbre de voix qui colle parfaitement à la mélodie, le jeune artiste lance : “Ase touye ! Pans nou fami tou le zour pe sirkile lor sime… Pans bann zanfan inosan ek bann gran dimounn ki vwayaze”.
Poésie.
Treize titres inédits sur l’album 13’Or, qui sort en 2013. Ce n’est pas une coïncidence si le 13 est aussi présent. Richard Beaugendre a souhaité utiliser ce chiffre, qui est souvent associé aux malheurs, avec une valeur positive. 13’Or, c’est également un jeu de mots. “Les mots ont toujours eu une grande importance pour moi. Je les utilise pour créer des métaphores.” Une forme de poésie que l’on retrouve dans les treize morceaux et qui est particulièrement mise en valeur dans les titres comme Mizerab, Meyer souvenir ou encore Tap tou. Des compositions touchantes qui provoquent la réflexion et que l’on peut aussi apprécier en images.
Car pour la première fois de sa carrière, l’artiste a également choisi le visuel pour présenter son album. “Les images ont leur importance. C’est un formidable outil de communication mais aussi un moyen de conserver des souvenirs. C’est une façon pour moi de laisser mon empreinte.” Richard Beaugendre trouve que ce support est plus accessible au public et que, de nos jours, les gens ont davantage une culture du visuel.
Vidéos.
Tels des mini-films, les petites vidéos sur chaque chanson de 13’Or permettent au public de mieux saisir la diversité musicale de ce projet, qui met en avant “langaz ek zimaz”. La réalisation de ce DVD a été rendue possible grâce à la collaboration et à la participation de plusieurs personnes. Des acteurs et actrices, danseurs et danseuses incarnent des personnages dans les mini-films. Par leur talent, leur connaissance ou leur soutien, ils ont tous contribué à faire de ce projet une réussite. Parmi les visages connus, se trouvent les danseurs Giovanni Bouton, Jerry Cudon et Christine d’Andrès.
Par ailleurs, Tristan Bréville, du Musée de la Photographie, a contribué à la réalisation de la vidéo de Meyer Souvenir, en acceptant d’offrir d’anciens clichés de Maurice. “Dans la vidéo, ces photos défilent et nous ramènent des années en arrière.” Pour sa part, la photographe Christine Eme a capturé des images dans les profondeurs de l’océan, “comme si elle était à la recherche d’un trésor”.
Outre les petites vidéos, le DVD comprend également un mini-documentaire de 26 minutes dans lequel Richard Beaugendre revient sur les divers thèmes traités dans 13’Or. Il y parle également de l’album et de sa musique en général. Plusieurs autres personnes, dont Philippe Thomas, Amanda Mouëllic et Claudie Ricaud, participent au documentaire. Ils évoquent Richard en tant que personne qu’ils ont côtoyé et élaborent sur son travail d’artiste, son parcours musical, son album, ses compositions, ses textes…
Coffret.
Présenté dans un coffret original (une ancienne boîte de cire en alu), 13’Or est accompagné d’un CD audio, d’un DVD, de deux livrets (l’un en créole et l’autre en français), de photos et d’un petit trésor que Richard Beaugendre souhaite offrir au public.
Enregistré à DNA Records de Pascal Pierre, 13’Or a nécessité une année de travail en studio. Une auto-production, un trésor qui “ne peut être évalué, tant il a été réalisé avec amour, motivation et dévouement”. Une musique que les gens pourront consommer sans modération et à toute heure. “Kouma tou dimounn pa kapav posed enn trezor, album pou sorti an edision limite. Sel 500 exanpler pou lor marse”, précise l’artiste.
Le lancement de ce cinquième opus, dont les textes ont été traduits en français par Michel Ducasse, est prévu le 26 janvier. Ce jour-là, Richard Beaugendre retrouvera son public à l’IFM à 20h pour un concert. Une rencontre musicale qui sera précédée par la diffusion en boucle du documentaire de 13’Or, durant toute la journée dans la galerie de l’IFM. La deuxième partie de la soirée se poursuivra avec la diffusion du documentaire et une séance de dédicaces.