Devant les gradins bondés de l’IFM, Richard Beaugendre a présenté, le samedi 26 janvier, son fameux 13’Or, nous invitant à partager avec lui sa vision de l’île, en paroles et en musique. Dès son entrée sur scène, l’accueil qui lui est réservé est chaleureux. On se dit que la soirée sera belle.
Il nous dévoile un premier titre, San pider, seul à la guitare. Poursuivant en solo, il nous raconte ses Meyer Souvenir, des morceaux de son passé qui lui permettent de communiquer avec son public. “Monn trouv enn larkansiel aswar, ena ki pa pou krwar.” L’espace de cette superbe chanson teintée de nostalgie, on a envie de croire celui qui a profit tou bann klerdelinn, les étoiles plein les yeux…
Complicité.
Lorsque le chanteur se demande Kan nou pou zwenn, il est rejoint sur scène par un trio de musiciens : Kersley à la basse, Hansley à la batterie et Kanya (“Monsieur Robert”) aux percussions. Richard Beaugendre change de registre avec Ki sa lespri ?, chanson dans la veine ironique rythmée par la contrebasse de Kersley.
Une corde qui casse alors qu’il interprète Grav sa, et voilà le chanteur obligé de se lancer dans une improvisation, ses musiciens jouant le jeu en toute complicité. “Ki pou fer, bizin zwe non ?” s’amuse Hansley. Un moment de flottement qui se transforme en instant de communion avec le public. C’est pas si grave, finalement… Même si, au passage, on rencontre un de ces Tap tou, qui “manze vant plin ziska lagorz”. Le Beaugendre moqueur est en forme !
Standing ovation.
Au fil de son tour de chant, d’autres musiciens viendront le rejoindre : Henrico et son accordéon pour ponctuer la vie d’un Mizerab; Giovanni à la trompette pour souligner en quelques phrasés le décor de Lapli. La section cuivre sera par la suite au complet avec John au saxo et Didier au trombone; elle offrira un cachet particulier aux Plant natirel, un des deux morceaux inédits ne figurant pas sur l’album 13’Or.
À la batterie, Hansley se transforme en chanteur pour supplier d’Ase touye sur nos routes. Une belle prestation qui sonne comme un écho à Montre zanfan sante, Richard taquinant gentiment son talentueux batteur sur son jeune âge.
Le concert se termine sur une interrogation philosophique : Kot nou pe ale ? Standing ovation avant le rappel, qui nous plonge dans La roul Tamarin. Le public est définitivement conquis.
Oui, la soirée a été belle. De son coffret musical, Richard Beaugendre a donné à découvrir quelques belles pépites de son île au trésor.