L’heure est sans conteste aux bilans. Alors que la saison 2011 tire irréductiblement  à sa fin, d’autres comme l’Association mauricienne d’Athlétisme ont déjà commencé la saison 2012. Chacun son rythme comme on dit. 2011, année en prélude des XXXes Jeux Olympiques, a été plus que jamais une année charnière. Les athlètes mauriciens, surtout ceux qui constituent notre élite, se sont lancés dans la course pour une qualification pour Londres. Si pour l’heure personne n’a pu encore décrocher le précieux sésame, par contre au niveau des invitations, le judo, l’athlétisme et le natation sont bien placés. Il n’empêche que les sportifs mauriciens ont déjà les pieds dans le starting block en attendant le départ de la saison 2012. C’est un peu à l’image de la boxe dont la fédération termine la saison fort avec un stage collectif avec des pugilistes du pays de la Rose, qui eux aussi sont en route pour leur qualification pour les JO.
Et justement la boxe a été encore une fois la mère nourricière en terme de médailles et d’honneurs pour le sport mauricien alors que la saison 2011 se couche sur une très mauvaise note.
C’est donc sans surprise possible que dans le carré d’AS de Week-End, on retrouve trois boxeurs. Tous champions d’Afrique, dont deux, nommément Richarno Colin et Kennedy St-Pierre, qui ont décroché le titre africain en deux fois (Championnats et Jeux d’Afrique), alors que Bruno Julie s’est rattrapé en septembre dernier à Maputo. La boxe est plus que jamais la discipline de référence à Maurice. C’est l’exemple à suivre non seulement en terme de performance, mais  aussi au niveau de l’administration.
Quand l’administration, surtout la technique, va …tout va au sein d’une fédération sportive. L’Association mauricienne de Boxe est une illustration parfaite (avis à la natation et l’haltérophilie) de ce symbiose qui au final rejaillit positivement sur les sportifs. A commencer par notre No 1, Richarno Colin, exemple typique de la régularité. Pourtant, beaucoup pensaient qu’il allait prendre du temps pour démarrer sa saison 2011 après avoir clôturé celle de 2010 sur le tard, soit à la mi-décembre, avec la Coupe d’Afrique des Nations, en Algérie, ponctuée par une médaille de bronze.
Toutefois,, le Vacoassien a prouvé qu’il avait plus d’un tour dans son sac en entamant  2011 sur les chapeaux de roue en s’imposant dans un des tournois les plus réputés de la fédération internationale, soit la Bocksaï Cup, en février, en Hongrie.
Visiblement galvanisé par ce départ canon, Richarno Colin a enchaîné avec une autre médaille d’or dans le premier tournoi de la Zone 4, qualificatif pour les Championnats d’Afrique de Yaoundé au Cameroun. Une fois de plus, le champion de Week-End s’est montré intraitable en remportant la médaille d’or. Aux Jeux des Iles de l’océan Indien, aux Seychelles, Richarno Colin a fait très fort en remportant la médaille d’or dans des conditions très difficiles en raison d’un arbitrage défectueux ayant coûté la victoire à Oliver Lavigillante, Bruno Julie et son frère John. Par la suite, Richarno Colin a remporté l’or aux Jeux d’Afrique, à Maputo, aux Mozambique, disputant même la finale sur une seule jambe, après avoir eu une fracture au pied. Ce qui lui a du reste privé des Championnats du monde d’Azerbïdjan, première phase qualificative des Jeux olympiques de Londres 2012, en Angleterre.
A la deuxième place, on retrouve un autre encore plus jeune, notamment James Kennedy St Pierre, 19 ans seulement. Ce dernier a prouvé qu’il était sur la montante après une saison 2010 réussie. Cette année, il a remporté la médaille d’or aux Championnats d’Afrique avant de s’incliner aux Jeux des Iles de l’océan Indien, sans doute destabilisé par les conditions de la finale. En revanche, il s’est très bien repris aux Jeux d’Afrique au Mozambique en remportant la médaille d’or. Toutefois, il n’a pas été en mesure de faire mieux lors des Championnats du monde se faisant éliminer lors du premier tour.
Fait inhabituel dans ce classement 2011, c’est que la troisième place est occupée par un autre boxeur, soit le médaillé de bronze olympique de 2008, Bruno Julie. Longtemps miné par des problèmes à l’épaule, Bruno Julie a retrouvé ses bonnes sensations en cette année 2011, en décrochant d’abord une médaille d’argent aux championnats d’Afrique. Idem aux Jeux des Iles de l’océan Indien où il décrochait le même métal, alors que logiquement, il aurait dû remporter l’or. Mais ne s’avouant pas vaincu, il a prouvé qu’il demeurait un grand champion en décrochant la médaille d’or aux Jeux d’Afrique. Un très beau succès pour un grand champion en souhaitant, bien évidemment, qu’il arrive à décrocher sa qualification, tout comme les autres boxeurs mauriciens, lors de la deuxième et dernière phase qualificative des Jeux olympiques, lors du tournoi de Maroc, en avril prochain.
Aurélie s’accroche
Elle ne se laisse pas faire. C’est le moins qu’on puisse dire puisque malgré un calendrier qui n’est pas vraiment au diapason de ses ambitions, Aurélie Halbwachs reste la sportive la plus prolifique sur la scène mauricienne. Pour preuve: sa performance tant dans les Jeux ‘Afrique à Maputo que lors des Championnats d’Afrique en Érythrée est là pour témoigner que cette fille de 25 ans peut aller très loin. Beaucoup plus loin si d’aventure la fédération avait pris la peine de concocter un calendrier de travail et de compétition pour l’unique  fille du peloton mauricien.
Ramener quatre médailles (trois de bronze et une d’argent)  dans deux compétition l’une plus difficile que l’autre  n’est pas donné à tout le monde. Cette 3e place, ex-æquo avec Bruno Julie Aurélie Halbwachs ne l’a pas volée.  S’il y avait le cyclisme féminin aux 8es JIOI aux Seychelles, celle qui est aussi bien placée pour gagner le titre de Sportive de l’Année au prochain National Sports Award aurait été certainement un BIG challenger pour Bruno Julie.
Et les autres…
Ce n’est que partie remise comme le dit l’adage. Puisque le mouvement sportif mauricien dispose à n’en point douter d’un potentiel qui ne demande qu’à être soutenu. Si  les hauteurs sont aujourd’hui pour ce trio de boxeur que sont Colin, St-Pierre et Julie, couplé d’Aurélie Halbwachs,  par contre, les autres tels que les athlètes  Mary-Jane Vincent, Fabrice Rajah et Annabelle Lascar-José, les nageurs Emily Chan Chee, Elodie Poo Cheong, Olivia de Maroussem, Emmanuel Froget, Heather Arseth, la triathlète Fabienne St Louis, les haltérophiles Shalinee Valaydon et Jonathan Corret, les judokas Sarah Sylva, Annabelle Laprovidence et Jonathan Charlot, la tireuse Anne-Jélina Bégué, toutes les filles de la sélection nationale des JIOI (médaillées de bronze), le boxeur Didier Cornet, les pongistes Widaad Gukhool, Deborah Wong,  Jaisina Newraj et les frères Chan Yuk Fo, le tireur Facson Perinne ou encore les «badistes» Yeldi Louison, Julien et Christopher Paul n’ont pas démérité.
Cette liste ne s’arrête certainement pas là. Elle n’est certainement pas exhaustive puisque nous constatons  l’élaboration des Pôle Espoirs, mis en place avec le soutien du Frust Fund For Excellence In Sports. Plus que jamais cette institution se place sur l’échiquier du mouvement sportif comme un pion incontournable.L’expérience de  Michel Glover dans ce rouage est une pièce maîtresse dans la nouvelle disposition de formation de haut niveau des jeunes sportifs.  Gageons que l’arrivée de six bourses d’État pour les sportifs agés de 14 à 25 ans vont permettre à la jeune génération de se perfectionner et de ce fait se donner les moyens de se perfectionner à un niveau supérieur.
Quant à la rédaction de Week-End,  nous ne cesserons jamais notre combat pour la défense des sportifs à tous les niveaux. Qu’ils sont des débutants ou  sportifs confirmés, Week-End a été et sera toujours aux côtés des sportifs. Cette saison encore, nous avons montré de quel bois on se chauffe lorsqu’il a fallu prendre la défense des deux nageuses mauriciennes, mais nées aux Etats Unis à savoir Heather Arseth et Stéphanie Ah-Quah, comme nous avons défendu le fait que ce soit les meilleurs nageurs qui partent pour les Championnats du Monde à Shanghai.
A chaque fois qu’une situation s’est présentée où ce sont les athlètes qui faisaient les frais, nous nous sommes dressé en garde fou et nous nous réjouissons qu’à chaque fois notre voix s’est fait entendre.
La défense des athlètes face aux folies, aux magouilles, voire la démence de certains dirigeants sportifs, c’est notre motto à nous à la rédaction sportive de Week-End. Nous avons fait de cela notre DÉONTOLOGIE, puisque ni l’auteur de ces lignes et encore moins les membres de sa rédaction n’ont dérogé à cette tradition. Ce sont les sportifs notre motivation, quitte à ce que cela déplaise à une ou deux dirigeants sans scrupules et aux opinions et amitiés versatiles. Jusqu’à preuve du contraire, les sportifs ont toujours trouvé dans les colonnes de Week-End le moyen de s’exprimer. C’est cela notre force à Week-End et elle y sera contre vents et marée.