On dit souvent qu’il ne faut pas s’arrêter à une première impression. À Riche en Eau, les maisons, les bâtiments et les lotissements à l’abandon ne donnent pas l’envie de s’arrêter. Pourtant, il suffit de donner la parole aux quelques rares habitants de l’endroit pour se faire une autre idée de ce petit coin perdu. La vie semble s’être arrêtée depuis la fermeture de l’usine sucrière, mais ce lieu préserve un certain cachet.
Tous ceux que nous avons rencontrés sont unanimes. “Riche en Eau est un endroit paisible et tranquille à vivre. Que ce soit l’environnement, le climat, et le lien qui unit tous les habitants, tout est parfait ici. Nous sommes fiers de notre village, même s’il est retiré, peu connu et pas très développé.”
Voilà près d’une dizaine d’années que l’usine sucrière de Riche en Eau a cessé toute activité. On n’y fait dorénavant que la pesée des cannes. Résultat : plusieurs familles d’artisans ou autres travailleurs (environ 175 familles) ont dû se résoudre à déserter les lieux pour être relogés, notamment à Ville Noire, St-Hubert ou St-Hilaire. C’est le cas de Pamela Duval. “Je suis née ici. J’y ai tous mes souvenirs. Aujourd’hui, je ressens un énorme chagrin quand je vois l’état de cet endroit. C’était tellement gai et animé à l’époque. Asterla, li kouma dir enn landrwa mor.” Tous les jours, c’est avec un grand pincement au coeur qu’elle emprunte une ruelle desserte pour se rendre à l’école primaire de Riche en Eau, où elle travaille comme cleaner. Les alentours laissent vraiment à désirer : que des vestiges d’anciennes maisons pour unique voisinage. Pendant de nombreuses années, elle a connu et côtoyé des gens qui habitaient cette parcelle de terrain.
En empruntant la route vers Riche en Eau, bordée de grands arbres, on ne s’attend pas à tomber sur ces ruines. Pourtant, dès l’entrée du village, en venant de Deux Bras, c’est ce qui se dessine sous nos yeux. Des pans de mur d’une veille boutique ont résisté au temps; des anciennes maisons tablisman, construites avec de belles pierres, sont vides, et les terrains en friche font oublier que ces terres sont connues pour être riches. Hormis quelques mouvements du côté de l’usine, rien ne donne envie de s’arrêter.