Des pêcheurs de Roche-Bois ont emprunté hier la rivière Terre Rouge en vue d’essayer de retrouver des traces de pollution ayant causé la mort des poissons à Mer Rouge lundi. À Riche-Terre, ils sont tombés sur des décharges provenant d’une usine et rejetant une eau jaunâtre dans la rivière…
Déterminés à connaître les raisons de la catastrophe écologique à Mer Rouge, les pêcheurs ont inspecté la rivière se déversant dans la mer à cet endroit. En arrivant à Riche-Terre, ils ont été surpris de voir une mousse jaunâtre recouvrant l’eau sur une certaine distance. Un peu plus loin, ils sont tombés sur des décharges provenant de l’usine de thon de la localité et de son unité de fish meal. Des traces de graisse étaient présentes sur les rochers, tandis qu’une eau jaunâtre se déversait dans la rivière de temps à autre.
Les pêcheurs se demandent ainsi si l’usine est autorisée à déverser des substances, de quelque nature que ce soit, dans la rivière. Interrogé à ce sujet, un officier du ministère de l’Environnement laisse entendre qu’il est « strictement interdit de jeter quoique ce soit dans la rivière. »
Cependant, rien ne démontre à ce stade un lien de causalité entre ce cas et la mort des poissons à Mer Rouge. Selon l’officier du ministère de l’Environnement, « l’eau est stagnante à cette partie de la rivière et il y a peu de chance que les produits atteignent la mer. » Ce dernier précise que la rivière concernée est un affluent (tributary) de la rivière Terre Rouge.
Toujours est-il que le ministère de l’Environnement a dépêché une équipe sur les lieux ce matin pour des inspections. Des échantillons ont été prélevés à des fins d’analyses.
Par ailleurs, le ministre de l’Environnement s’est rendu à Mer Rouge hier matin en vue d’un constat des dégâts. Dans l’après-midi, une équipe était à pied d’oeuvre pour une vaste opération de nettoyage, car avec la décomposition des poissons, une odeur nauséabonde a envahi l’endroit.
Les inspecteurs du ministère poursuivent leur enquête afin de déterminer la cause de cette catastrophe. Toutefois, à ce stade, ils ont relevé tout simplement que « toutes les usines de la région sont connectées au système de tout-à-l’égout ».
Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs, qui était également sur les lieux, se demande comment cette usine de Riche-Terre peut se permettre de se débarrasser de ses eaux dans la rivière sans que le ministère de l’Environnement ne soit au courant. À cela, l’officier du ministère répond : « Nous devons aller sur place et voir de quoi il s’agit exactement et si cela pollue la rivière. »
De leur côté, les pêcheurs insistent sur la nécessité de connaître la cause de la mort des poissons. « C’est à cet endroit de Mer Rouge que nous nettoyons les thons en revenant de la pêche. Si jamais il y a une substance toxique dans l’eau, cela pourrait avoir des conséquences très graves. »