Pour sa première semaine comme entraîneur par intérim chez Rickly Maingard, Benoît Espitalier Noël a frappé fort. En vieux routier, il s’est offert deux victoires et non des moindres samedi. Parceval, un gros outsider dans l’épreuve principale, et Roventas, sur papier une doublure mais favori à l’heure de la course.
« J’ai eu une pensée particulière pour Ricky (ndlr : il est en Afrique du Sud pour des soins). Il doit être très satisfait de la performance de Parceval, un coursier sur lequel on comptait beaucoup. Il avait effectivement fait une bonne course la dernière fois, et depuis, sa progression a été notable. Mais je dois dire que le champ était assez coriace avec des chevaux comme Dustan et Independence. »
Benoît Espitalier Noël avance encore : « On a vu évoluer un Parceval sur sa vraie valeur sud-africaine. Il a pris du temps pour s’adapter à son nouvel environnement. On s’attend maintenant qu’il confirme. C’est un coursier intéressant sur les parcours allongés ».
Roventas a ajouté un peu plus d’éclat à la journée. « La course a été lancée par Straight Jab, le compagnon d’entraînement de Roventas. Il a été bien servi par le train. Roventas est un jeune cheval mais il faut reconnaître que le champ qu’il affrontait n’était pas très relevé. Il va falloir voir maintenant comment il se comporte quand il monte de catégorie. »
« Sooful, un hard worker »
À 76 ans et doyen des entraîneurs exerçant actuellement sur notre hippodrome, Benoît Espitalier Noël (trois mois plus âgé que Rameshwar Gujadhur) reconnait qu’il ne pouvait demander mieux samedi dernier. « Deux gagnants et trois accessits sur cinq représentants, c’est globalement très positif. Elite Class a été battu d’un rien par Torotino dans une valeur qui n’est pas la sienne. Quelque part, il avait été « obligé » de courir dans une classe supérieure vu qu’on avait annulé la course à laquelle il devait participer. Tube Wave, par contre, cache vraisemblablement un problème. Il faut revoir de très près sa santé avant tout nouvel engagement en compétition. Il faut aussi considérer qu’il avait eu une saison assez dure. »
Les deux victoires de l’établissement Maingard portent la griffe de Dinesh Sooful. « Je suis ravi des performances de Sooful. C’est un hard worker. Les jockeys mauriciens ont progressé et ils ont beaucoup de talent. Quand on leur donne la chance, ils savent très souvent la saisir. »
Benoît Espitalier Noël a beaucoup roulé sa bosse au Champ de Mars. Lui qui a débuté en 1978 comme assistant entraîneur de la défunte écurie de Paul Maingard (oncle de Ricky), n’avait pas pris trop de temps pour s’affirmer. « Mon neveu feu Jason Espitalier Noël montait pour nous. On avait gagné le Maiden avec High Hearted et le Barbé avec Armed Guard. »
Mais c’est en 1980 qu’il a connu sa meilleure saison. « Durant cette saison mémorable, j’ai gagné le Barbé avec Day To Remember, la prestigieuse course préparatoire du Maiden (tout dernièrement SuperTote Golden Trophy), le Ruban Bleu et la Coupe d’Or avec Holdall et la Princess Margaret Cup avec Armed Guard. J’avais un excellent jockey en la personne de Johnny Wilson. »
En 1981, Benoît Espitalier Noël prit ses distances du Champ de Mars — « on m’avait fait bien des misères jusqu’à me pousser vers la porte de sortie » — et se tourna vers des activités sportives dans un hôtel. « J’avais pris de l’emploi au Morne à l’hôtel Le Paradis où je m’occupais du sport en général, moniteur de tennis et de squash en particulier. »
Il revient à ses anciennes amours dix ans après pour épauler son fils Benoît Noël Jr, avant de retrouver un autre Maingard (Ricky) en 2011, puis Patrick Merven en 2013-2014. « Entre Ricky et Patrick, je m’étais accordé quand même un petit break, » conclut avec un petit sourire Benoît Espitalier Noël en attendant que Ricky Maingard ne reprenne les affaires.