Il avait été arrêté par la brigade antipiratage et suspendu de ses fonctions pour avoir autorisé la reproduction d’oeuvres de trois chanteurs locaux en mars 2012. Harold Lai a retrouvé son poste à la Rights Management Society (RMS, ex-MASA) il y a deux semaines. L’affaire avait été rayée en cour depuis 2013 mais ce n’est que l’année dernière que les procédures pour sa réintégration ont été enclenchées.
Harold Lai, Membership and Repertoire Officer à la société des droits d’auteur, avait été nommé directeur par intérim suite à la suspension de Gérard Louise dans le sillage de l’affaire Sony Music. Mais quelques mois plus tard, il a été lui aussi arrêté par l’Anti-Piracy Unit suite à une plainte de Bee Vedachellum, de Meli Melo Music. Il lui était reproché d’avoir apposé sa signature à un document autorisant la reproduction des albums de Berger Agathe, Gérard Bacorillall et Kaya par Harbour Music.
Le patron de la maison de disques, Kailesh Persand, avait été arrêté à la même occasion. Le conseil d’administration de la MASA (aujourd’hui RMS), alors présidé par Meera Mohun, avait décidé de le suspendre. Toutefois, Harold Lai avait toujours clamé son innocence, soutenant n’avoir fait qu’exécuter une décision de la direction de la société. Dans certains milieux, on parlait même d’un « coup monté », étant donné qu’une première plainte pour la même affaire auparavant n’avait rien donné.
Cependant, en 2013, les charges contre Harold Lai ont été abandonnées. Mais rien n’avait été fait pour sa réintégration. Ce n’est qu’en 2015 que les procédures pour sa réintégration ont été enclenchées. Depuis deux semaines, il a ainsi retrouvé son poste initial de Membership and Repertoire Officer à la RMS.
Avec Gérard Louise, mis en cause dans l’affaire Sony Music, Harold Lai était le deuxième cadre suspendu à la MASA. Depuis, la société a eu beaucoup de difficultés à se remettre sur les rails. Les artistes membres ont en plusieurs occasions élevé la voix sur cet état de choses. Il nous revient que le consultant de la World Intellectual Property Organisation (WIPO), qui était à Maurice récemment dans le cadre des amendements à la Copyright Act, a fait des recommandations sur le fonctionnement de la RMS. Celles-ci seront mises en pratique une fois que la nouvelle loi sera adoptée à l’Assemblée nationale.
Entre-temps, on annonce plus de rigueur et de « monitoring » auprès du personnel afin que les affaires se déroulent dans les meilleures conditions. De même, on attend l’évolution dans le procès de Gérard Louise et une décision quant à sa réintégration sera prise. En attendant, c’est le président du conseil d’administration, Julien George, qui assume les fonctions d’Officer in Charge. Une situation qui n’est pas à la satisfaction de nombreux artistes. Il ne s’agirait cependant là que d’une mesure « temporaire », en attendant d’être fixé sur le cas de Gérard Louise.