« Il y a eu soit un acte criminel soit une grosse négligence ». C’est ce qu’a déclaré Jayen Chellum, ce matin, lors d’un point de presse consacré à la Ring Road. Le secrétaire général de l’ACIM, qui a soulevé plusieurs interrogations suite à l’affaissement d’une partie de cette route, soupçonne la Montmorillolitic Clay (mentionnée dans le rapport EIA), une matière qui « gonfle au contact de l’eau », d’être à la source des dégâts, notamment après les grosses averses de février.
« Comment a-t-on pu faire du remplissage pour une profondeur de 18 m ? Tous les contracteurs auprès desquels on s’est renseigné s’accordent à dire que pour la longueur et la profondeur de cette route, il aurait fallu construire sur du pilotis, sur un pont et non sur remplissage, qui coûte d’ailleurs plus cher ». Par ailleurs, l’endroit étant doté de plusieurs cours d’eau, pour l’ACIM, l’autorisation de la Cour aurait dû être obtenue mais « selon nos informations, aucun permis n’a été demandé. Pourquoi ? » Des réponses sont attendues de la RDA et du ministère de tutelle.
« Si le remplissage coûte plus cher, pourquoi le contracteur l’a-t-il fait au lieu de construire sur du pilotis ? Y a-t-il eu intervention du client – la Road Development Authority – pour faire du remplissage et pourquoi ? Le chef de la RDA et le ministère doivent y répondre », soutient Jayen Chellum. Le rapport EIA de ce projet de la Ring Road, dit-il, fait mention de la Montmorillolitic Clay, « une matière qui a une propriété un peu différente des roches et de la terre. Lorsque vous la damez, elle devient plus dure que le fer. Soit ! Mais, quand elle reçoit de l’eau, elle gonfle… Et c’est ce qui s’est produit : des fissures de la route et l’éclatement des murs de rétention après les pluies de février ». Si mention est faite de la Montmorillolitic Clay dans le rapport EIA, l’ACIM se demande pourquoi aucun test n’a été entrepris au préalable. « Pourquoi la RDA est-elle allée de l’avant et n’a pas exigé des tests ? Il y a eu soit acte criminel soit grosse négligence ! C’est extrêmement grave que le client n’ait demandé les tests nécessaires ». Avant d’exprimer ses craintes : « Sont-ce ces mêmes consultant et constructeur qui travailleront sur les autres projets d’infrastructure ? Nous devons à l’avenir veiller à ce qu’ils ne se proposent pour d’autres projets. Est-ce les mêmes personnes à la RDA qui superviseront ? Pour nous, elles doivent bouger ».