Des sapeurs-pompiers intervenant à Vallée-des-Prêtres hier

La situation était préoccupante à Vallée-Pitôt et Chitrakoot, Vallée des Prêtres, hier pour une vingtaine de familles dont les maisons se trouvent sur le flanc de la montagne. À chaque grosse averse, avec une eau boueuse qui se déverse sur leurs propriétés, ils vivent le même calvaire. À Vallée-Pitot, plus précisément à Parc Bef, environ 19 familles ont été placées en “evacuation stage” par la National Emergency Operation Command (NEOC).

« Selon le protocole établi, nous informons ces familles que leur habitation est exposée à un risque de glissement de terrain et qu’elles doivent prendre des dispositions pour se rendre dans un lieu sûr. Si elles n’ont aucun lieu où se rendre, nous informons le ministère de la Sécurité sociale pour qu’il ouvre le centre de refuge d’une région en particulier », indique-t-on du côté du NEOC. Mais la situation était tout autre sur le terrain avec les personnes concernées qui ont préféré demeurer chez elles. « Nou pa pou kit nou lakaz. Pena okenn problem isi », dira un habitant. Et d’ajouter que « zis divan la inpe for, me dilo pe desann lor sime pe ale epa rant dan lakaz ».

Entre-temps, des policiers de Vallée-Pitôt ont effectué des patrouilles dans la localité pour demander aux habitants de ne pas s’aventurer près du pont de la rue Alma et celui de la rue Boulevard Victoria. À part des drains bouchés provoquant des débordements dans certaines rues et des personnes qui creusaient un passage pour laisser couler l’eau de pluie près de l’école Surtee Soonee GS, la plupart des habitants vaquaient à leurs occupations. Néanmoins, ils craignent une résurgence de l’épidémie de dengue aussitôt le retour du soleil. « Il y a eu des cas de dengue dans la région de Port-Louis. Nous sommes conscients de ce fait car il y a eu des exercices de fumigation durant la semaine écoulée à Vallée-Pitôt. En sus de cela, des représentants du ministère de la Santé sont passés dans chaque maison pour demander si quelqu’un était malade. Puis ils nous ont remis une brochure sur les précautions à prendre contre la dengue », explique un commerçant de la rue Boulevard Victoria. « Moustik pou koumans fatig nou kouma partou sek », fait part un client.

Par ailleurs, Chitrakoot a été placé en “warning stage”, 25 familles étant exposées au risque d’un glissement de terrain lors de grosses averses. À la mi-journée hier, c’était pourtant le calme plat avec aucune présence policière dans la localité. « Dilo pe swinte dan lakaz. Apart sa, pena bel problem », dit une sexagénaire dont la maison se situe sur le flanc de la montagne du Pouce. Cette dernière confirme que la police a fait le tour du village, mais qu’aucun officier ne lui a demandé de se préparer en cas d’évacuation. « Nou pa pou kit nou lakaz pou al res dan sant », dit-elle.

Un peu plus bas à Morcellement Ramlagun, Terminus, des pompiers évacuaient l’eau boueuse qui s’était accumulée dans la cour d’une dizaine de familles et dans la rue. Ali, une des victimes, confie qu’il a alerté les autorités sur ce problème depuis longtemps, mais que « depite ale vini, nanye pa sanze ».

Et d’ajouter que c’est le seul chemin qu’empruntent les familles vivant dans ce morcellement et « li bloke akoz akimilasion dilo, pa kapav ni rantre ni sorti ». En descendant rue Bernardin de Saint-Pierre, à Cité Gareeboo, c’est une bouche d’égout qui est la cause de plusieurs problèmes. « Sak fwa gro lapli, drin la deborde lor la rout prinsipal. Otomobilis ki pa konn landrwa kapav rant ladan ek fer aksidan », dit un habitant. Des volontaires ont placé des morceaux des bois et des bandes jaunes autour de la bouche d’égout pour prévenir les usagers de la route du danger. Alors que des roches glissant de la colline à Vallée-des-Prêtres ont terminé leur course juste en bordure de route. « Sak gro lapli sitasyon parey. Nou abitie ar sa aster », dit pour sa part un commerçant de Caro-Lalo.