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Depuis la réouverture des supermarchés, les autobus sont bondés

Les compagnies d’autobus offrent actuellement un service minimum, en raison du confinement. Cependant, avec la réouverture des supermarchés, les Mauriciens ont recommencé à voyager en grand nombre. Souvent, sans masques ni gants. Comme la distanciation sociale s’avère impossible dans un autobus, les receveurs lancent un appel aux autorités pour des mesures afin qu’ils soient mieux protégés. Ils souhaitent que le port de masque et de gants soit obligatoire pour les autobus également.

Ils font partie du service essentiel. Chaque jour, ils se rendent au travail, tout en sachant qu’ils prennent des risques, non seulement pour eux, mais aussi pour leurs familles. Aujourd’hui, les chauffeurs et surtout les receveurs d’autobus, disent craindre pour leur santé. Car depuis la réouverture des supermarchés, le public recommence à voyager en grand nombre, avec peu d’autobus en circulation.

Iqbal Sheik Abbas, président de l’United Bus Service Employees Union, fait état des appréhensions de ses membres pour travailler dans de telles conditions. « On impose le port de masque et de gants et on prend la température pour autoriser l’accès au supermarché ou à la banque, pourquoi pas dans l’autobus ? Nous, chauffeurs et receveurs, portons ces protections, mais il faut qu’il en soit de même pour les passagers également.»

Ce dernier témoigne que la situation s’est compliquée davantage depuis la réouverture des supermarchés. « Initialement, les autobus devaient offrir le service minimum pour les personnes vulnérables et celles des services essentiels qui doivent se rendre au travail. Mais depuis jeudi, les autobus sont bondés de passagers se rendant au supermarché. Et je peux même dire qu’il y a beaucoup de négligence de la part de personnes âgées. Les autorités doivent réagir. »

Shezad, receveur d’autobus, dit avoir beaucoup de peine à contenir le public voyageur en cette période. « Il y a des personnes debout tous les jours. On ne peut les empêcher de monter. Déjà qu’il n’y a pas de Social Distancing possible dans le bus. Maintenant, imaginez un autobus bondé et je dois passer pour ramasser l’argent avec toutes ces personnes », fait-il comprendre avec raison.

Il poursuit en regrettant que de tous les passagers, environ 10% seulement portent de masques de protection. Il déplore également le laisser-aller par rapport au confinement, au vu du nombre de personnes qui circulent actuellement. « Il y a des personnes qui prennent le bus pour aller acheter une baguette… »

Le receveur rappelle que non seulement il est à risque dans de telles conditions, mais il met également sa famille en danger. Il lance un appel aux autorités pour réagir à la situation.

Sollicité pour une réaction, Yousouf Sairally, Traffic Manager à l’UBS, dit avoir pris connaissance de ce problème. Il précise toutefois : « la compagnie a donné tous les moyens de protection aux employés. C’est-à-dire, masques, gants et hand sanitizer. Mais le public voyageur doit également prendre ses précautions. Nous vivons un moment extrêmement difficile et tout le monde doit apporter sa collaboration. Nos chauffeurs et receveurs sont en train d’offrir un service au public, il ne faut pas qu’ils en fassent les frais parce que les autres n’ont pas pris les précautions nécessaires. Je fais un appel aux passagers pour qu’ils portent leurs gants et leurs masques quand ils prennent l’autobus. »