L’Agence française de développement (AFD) consacre actuellement quelque Rs 240 millions (six millions d’euros) dans les systèmes de veille épidémiologique dans la région de l’indianocéanie.
« Face à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, les bailleurs internationaux semblent décidés à investir massivement dans le renforcement des systèmes de surveillance et de veille sanitaire afin de prévenir les crises sanitaires futures et pour structurer ainsi les systèmes de santé locaux défaillants », affirme Pierre Salignon, chef de projets de la division santé et protection sociale de l’AFD. Dans le but de renforcer la sécurité sanitaire au bénéfice des populations des cinq États membres de la Commission de l’océan Indien (COI) (Maurice, les Comores, Madagascar, les Seychelles et la France), l’AFD finance à hauteur de six millions d’euros un projet de veille sanitaire pour la période 2014-18. Cette nouvelle subvention fait suite à une première phase de lancement réussie entre 2009 et 2013.
Selon l’AFD, les îles de la COI sont particulièrement vulnérables au risque épidémique compte tenu de leurs échanges économiques (nombre croissant de touristes, forte dépendance aux importations alimentaires, transferts de bétail…), de l’urbanisation rapide et de l’occurrence élevée de catastrophes naturelles (cyclones, inondations…) qui favorisent ou accélèrent la diffusion d’agents pathogènes dans des écosystèmes en mutation (changement climatique) et des États souvent fragiles.
L’initiative de veille sanitaire de la COI est un projet original de surveillance unique en ce qu’il cherche à mettre en oeuvre le concept « une seule santé » (one health) qui intègre la surveillance des maladies transmissibles en santé humaine et santé animale. Il vise également à poursuivre la structuration du réseau régional de veille sanitaire ainsi que le renforcement des capacités des États membres puis à établir de manière pérenne une unité de veille sanitaire au sein de la COI.
Les stratégies soutenues visent le renforcement des capacités régionales dans le domaine de la détection, de l’alerte rapide et de la préparation face aux nouveaux foyers de maladie (recueil, analyse et exploitation de données épidémiologiques), le renforcement des capacités de diagnostic, la mise en place de collaborations avec les différents services en charge de la surveillance des maladies transmissibles, la mise en réseau des professionnels de la veille sanitaire en santé humaine et animale et, enfin, la pérennisation du réseau régional au sein de la COI.