« Si nous ne faisons rien, la situation sera comme une bombe à retardement », estime le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, lors d’une réunion multisectorielle la semaine dernière à la salle de conférences de l’hôpial Jeetoo à Port-Louis. Rappelant quelques chiffres des années précédentes concernant les personnes affectées par les maladies telles que le chikungunya et la dengue, Lormus Bundhoo souligne que Port-Louis est la région la plus à risque.
Le ministre de la Santé indique que des tests ont été effectués dans une vingtaine de sites à Port-Louis, et que selon les résultats, aucun risque de chikungunya et de dengue n’a été noté pour l’instant. Cependant, le risque d’épidémie n’est pas à écarter. D’où la nécessité de pendre les précautions nécessaires immédiatement et de manière rigoureuse. Énumérant les mesures drastiques qui sont prises actuellement par le ministère de la Santé, en collaboration avec d’autres ministères, tels que de ceux de l’Environnement et du Local Government et le privé, Lormus Bundhoo indique que toutes les compagnies seront sous contrôle permanent à partir de demain. Elles devront respecter les normes de Health and Safety, au cas contraire, les permis d’opération pourront être révoqués.
« En 2009, entre 30 à 40% de Mauriciens avaient été affectés par ces maladies. Ce qui implique que entre 60 à 70% de la population n’ont pas été affectés et donc n’ont pas développé une immunité contre ces maladies », ajoute Lormus Bundhoo. Avec son microclimat, ses quelque 150 000 habitants et plus de 400 000 personnes qui traversent Port-Louis, la capitale de Maurice est la région la plus à risque concernant les maladies infectieuses telles que la gastro-entérite et des maladies à transmission vectorielle. Une Task Force a ainsi été mise sur pied sous l’égide du ministère de la Santé pour la coordination des mesures qui seront entreprises au sein des entreprises des secteurs public et privé et de la surveillance renforcée des maladies dans les régions touchées par les inondations et des activités de démoustication.
Depuis la semaine dernière, des larvicides sont répandus dans dix secteurs identifiés comme les plus à risque. À partir de demain, une distribution de sacs en plastique, de crème anti-moustiques, d’eau embouteillée et d’eau de javel aura lieu ainsi qu’une campagne de sensibilisation porte à porte. Ainsi, une centaine d’officiers des différents ministères concernés formés en la matière se rendront dans les centres communautaires pour sensibiliser le public sur le stockage d’eau, par exemple, et d’autres mesures hygiéniques et environnementales à prendre. Les autorités procéderont à une distribution de poubelles dans certaines régions les plus touchées pour faciliter le nettoyage, notamment à Canal Dayot où les dégâts ont été les plus conséquents.
Des activités de contrôle dans les entreprises débuteront également demain. « À partir de lundi, nous serons sans pitié. Nous concentrerons nos efforts dans les bureaux, les institutions publiques et dans les industries, entre autres. Toutes nos équipes descendront sur le terrain, et si les mesures nécessaires ne sont pas prises, ces entreprises devront stopper toutes leurs opérations », déclare Lormus Bundhoo. Il fait ainsi appel à la participation active de tout un chacun et à la prise en charge de leurs responsabilités pour empêcher la prolifération de moustiques et la propagation des maladies.