« Nous avons actuellement à Maurice, chaque jour, une moyenne d’un enfant qui est victime d’abus sexuel ! » Ce constat accablant, c’est la Ombudsperson for Children Rita Venkatasawmy qui l’a fait en ce début de semaine à l’ouverture d’un atelier de travail destiné aux infirmiers s’agissant des droits des enfants.

Elle a souhaité que « l’approche et les soins prodigués à ces enfants, victimes d’abus sexuels, et qui sont encore plus vulnérables que les autres enfants, soient revus avec plus d’attention et de compréhension à leur égard ».

« Les enfants sont par nature vulnérables. Quand ils sont contraints de se faire soigner dans les hôpitaux, la vue des blouses blanches des infirmiers leur connote la douleur, les piqûres, qu’ils détestent… Maintenant, imaginez ce que doivent endurer des enfants déjà victimes d’autres problèmes, comme ceux qui vivent dans des “shelters” ou qui sont dans des établissements correctionnels. Ajouter à cela les enfants victimes d’abus sexuels. »

Tel a été l’appel, en grandes lignes, de l’Ombudsperson for Children, Rita Venkatasawmy, ce 10 juin lors de la tenue d’un atelier de travail d’une journée à l’intention des infirmiers des hôpitaux nationaux.

Son constat a pris plus d’un de court quand elle a déclaré que « l’on dénote, en moyenne à Maurice actuellement, un cas d’attouchement sur mineur par jour », ajoutant : « Oui, j’ai en effet noté une augmentation dans le nombre de cas d’enfants victimes d’abus sexuels. » Ce qui l’a poussé à solliciter « davantage de compréhension, d’égards et d’attention du personnel soignant des hôpitaux envers ces enfants ».

Reprenant les propos de Feroz Lallmahomed, Director Nursing par intérim du ministère de la Santé, qui a évoqué dans son intervention peu avant l’existence d’un “fast track service” à l’intention des enfants dans nos hôpitaux, Rita Venkatasawmy a émis le souhait que « justement, ces enfants victimes d’abus sexuels soient traités promptement afin de réduire leur attente et leur calvaire ».

Et de poursuivre : « Imaginez le drame que vivent ces enfants… Déjà, ils sont enfermés dans leur silence, tellement ils sont accablés par ce qu’ils ont vécu, les traumatismes divers. Ils doivent passer beaucoup d’heures dans les hôpitaux, avec les médecins, les psys… qui essaient de les aider à surmonter les traumas subis. C’est à vous, infirmiers, d’avoir ce petit geste, ce mot d’attention, d’amour, qui leur donnera un peu de chaleur, de réconfort et de courage pour affronter le reste. » Cet atelier de travail destiné aux infirmiers de nos hôpitaux était « long overdue », a aussi déclaré Rita Venkatasawmy.

Pour sa part, l’invité d’honneur de cet événement, le président de la République par intérim, Barlen Vyapoory, a fait un vibrant plaidoyer pour que « le personnel soignant fasse preuve de beaucoup d’amour et d’affection envers les enfants quand ceux-ci se retrouvent en circuit hospitalier ».