Le leader du MMM, Paul Bérenger et celui du PMSD, Xavier-Luc Duval, se sont rencontrés pendant près d’une heure hier essentiellement pour passer en revue la situation politique dans le pays et des sujets d’actualité. Les deux dirigeants se sont empressés de dire qu’il « n’a pas été question d’alliance politique ».
Pour Paul Bérenger, cette rencontre a été l’occasion de « briser la glace » avec Xavier-Luc Duval qu’il a beaucoup critiqué en tant que ministre des Finances. « J’ai été très dur avec Xavier Duval dans sa manière de gérer les affaires financières alors qu’il était ministre des Finances », a-t-il dit, rappelant toutefois que lors de sa conférence de presse commune avec le Premier ministre, il avait pris la précaution de retirer un « mot méchant » prononcé à l’encontre de XLD quelques jours auparavant.
Cette rencontre, dit-il, a porté sur la situation dans laquelle se retrouve le pays aujourd’hui, sur la réforme électorale, sur une éventuelle motion de censure, sur une éventuelle manifestation en faveur du rappel du parlement.
Concernant la réforme électorale, Paul Bérenger indique que les discussions ont porté sur les deux textes de loi, à savoir le mini-amendement et le Constitutional Electoral Reform Amendment Bill. Il a souligné que dans un premier temps, le MMM était en faveur d’un seuil minimal de 10 % pour se qualifier pour la liste de représentation proportionnelle. « Ensuite nous sommes revenus à 7,5 %. Le PMSD propose 5 %. Nous avons échangé nos points de vue sans que chacun ne change sa position », a-t-il précisé.
Paul Bérenger a insisté sur le fait que le MMM ne discute d’alliance politique avec personne. Toutefois, il s’est dit prêt à rencontrer tous ceux qui aiment leur pays et qui sont en droit d’être inquiets « si Ramgoolam ne rappelle pas le parlement ». « S’il ne dissout pas le Parlement, ce sera une situation très mauvaise pour le pays, si Ramgoolam fils se raccroche au pouvoir comme Ramgoolam père en 1982 ».
C’est la raison pour laquelle, dit-il, la présentation d’une motion de censure a été évoquée. « Le MMM ne discute pas d’alliance avec personne. Nous nous préparons à aller seuls aux élections générales et sommes prêts à rencontrer tous ceux qui sont tracassés par le flottement dans le pays si le Premier ministre continue à s’accrocher au pouvoir ».
Interrogé par la presse, Paul Bérenger est revenu sur sa proposition de maintenir le seuil d’éligibilité à 7,5 %, estimant que le niveau de 5 % encouragerait les partis de nature communale.
« La chose la plus sacrée est l’unité nationale », dit-il. Il s’est dit intéressé de savoir si le MSM est toujours d’accord avec le niveau de 7,5 %. Dans l’éventualité où le CERA Bill est présenté au Parlement, le MMM votera under protest « car même si Ramgoolam vient avec un seuil de 10 % ce sera un pas en avant pour le pays ». Il a rappelé que lors de sa dernière rencontre avec Navin Ramgoolam, ce dernier avait convenu que même s’il n’y avait pas d’alliance entre le MMM et le PTr, il présenterait la loi sur la réforme électorale et imposerait un « party vote ». « Nous sommes en faveur de cette proposition »,  dit-il.
S’agissant de la déclaration du ministre de la Justice Satish Faugoo sur la nécessité d’organiser une nouvelle réunion du comité mixte sur la réforme électorale, il a exprimé son accord concernant la participation d’Alan Ganoo à une dernière réunion pour finaliser les choses. Il a toutefois insisté pour qu’on ne perde pas de temps et que le comité se rencontre au plus vite.
Concernant le projet de rassemblement de plusieurs partis, Paul Bérenger a estimé que s’il y a juste le MMM et le PMSD, cela ne vaudra pas la peine de l’organiser. Il a affirmé ne pas être pressé de rencontrer Sir Anerood Jugnauth. Il a déploré l’attitude de Pravind Jugnauth qui a souhaité avoir une invitation écrite afin de participer à une réunion des partis de l’opposition. Il a toutefois insisté que le MMM ira de l’avant avec le projet de motion de censure et de manifestation pacifique.
Interrogé par la presse, le leader de l’opposition a précisé que le but d’une motion de censure est de mettre le gouvernement en minorité et surtout de permettre à chacun de prendre ses responsabilités. Il affirme, par ailleurs, qu’une motion de ce genre est présentée lorsque la situation l’exige afin de discuter de la situation dans le pays.