Des marchands de légumes postés depuis plus de 30 ans à côté d’un bâtiment commercial à Rivière-duRempart s’élèvent contre la décision du propriétaire qui, allèguent-ils, a « illégalement clôturé cet espace avec des feuilles de tôle, des planches et du bois ». Ils disent avoir été contraints de vider les lieux. « Li finn obliz nou deplase. Nou comerce finn bien afecte », ont-ils confié au Mauricien.

Dans un document officiel en date du 27 février 2017, Tarraduth Prayag, le propriétaire du bâtiment, avait fait une demande au ministère du Logement et des Terres pour « a right of way over part of ex-railway land at Rivière-duRempart ». Le ministère lui a répondu en posant les conditions suivantes : « Approval has been obtained to grant a right of way on a year to year basis to Tarraduth Prayag of an extent 44 m2 in order to provide temporary access to your commercial building subject to the payment of a yearly fee to be assessed by the Valuation Department and which would be revised every five years. The offers is subject to the following conditions: no permanent building should be constructed over the site. Government reserved the right to resume possession on giving one month notice without payment of any compensation and in case the land is required by government the beneficiary should make necessary arrangement for provision of an alternative access to his commercial building and the beneficiary should make the necessary arrangement to remove the vegetable sellers operating over the site and should sort out any issues arising with regard to the vegetable sellers. »

Selon Tarraduth Prayag, il a effectivement soumis une demande au conseil de district de Rivière-du-Rempart pour avoir accès à un terrain appartenant à l’État qui se trouve à proximité de son bâtiment commercial, et « non pour construire », ajoute-t-il. « Je n’ai pas l’intention de squatter le terrain de l’État », a-t-il dit. Mais d’une source digne de foi, a-t-on appris, le conseil de district de Rivière-duRempart a pris la décision d’accorder un Building and Land Use Permit à Tarraduth Prayag pour un projet de développement.

Rajeshwar Kripa, un habitant de Rivière-du-Rempart, conteste vivement la décision du conseil de district de Rivière-du-Rempart qui, selon lui, n’aurait pas dû donner son aval pour la construction de ce bâtiment. « Je suis en présence de documents. J’ai déjà pris contact avec mon homme de loi. Je vais aller les déposer à l’ICAC. Je ne veux pas rester tranquille et je suis révolté de la façon dont Tarraduth Prayag a agi envers des marchands qui, pendant des années, ont travaillé dans ce coin. Il les a chassés. Je considère que c’est une grave injustice envers ces pères et mères de famille, surtout à l’approche des fêtes de fin d’année. »

A. Appadoo, représentant du village de Rivière-du-Rempart au sein du conseil de district, a confi rmé que Tarraduth Prayag avait obtenu un permis pour avoir accès à une partie d’un terrain appartenant à l’État, mais pas d’autorisation ni pour aménager un parking ni pour embarquer ou débarquer les marchandises. Et d’ajouter que si jamais un bâtiment est construit sur le terrain en question, les autorités réagiront. « Si bizin pull down, pa pou kapav fer narien », dit-il. Taleb Yarroo, travailleur social habitant la localité, lance un appel aux autorités compétentes pour qu’en endroit soit trouvé à l’intention des marchands. « Il faut que l’espace respecte les normes sanitaires car le village de Rivière-du-Rempart est un endroit très visité par les touristes. Il faut garder le cachet folklorique de ce village », insiste-t-il.

Pour rappel, dix marchands de légumes et de poissons qui ont retenu les services de l’avoué Pazhany Rangasamy ont fait servir une mise en demeure le 12 novembre au propriétaire du bâtiment, au ministère du Logement et des Terres et au conseil de district de Rivièredu-Rempart. Ils réclament que la clôture, placée autour d’une portion de terrain de l’État qu’ils occupent depuis de nombreuses années, soit enlevée. « Nou pe gagn bokou difi kilte pou travay e sirtou kan lapli tombe. Nou patoz dan la bou. Nou la vant finn bien afekte depi ki li finn klotir sa lespas-la », ont confi é les marchands de légumes.