Le Conseil de District de Rivière-du-Rempart est en situation de crise depuis l’annonce, il y a quelque temps, de la saisie de ses biens par la compagnie Alphamix pour non-paiement de dettes de Rs 8,2 M qui, au fil des années, sont passées à Rs 72,9 M. La somme de Rs 8,2 M devait être le « final payment » au contracteur concernant la construction d’une foire à Rivière-du-Rempart en 2006/2007. Alors que des conseillers, anciens et actuels, se défendent, disant qu’ils n’étaient pas au courant de ces dettes, le président actuel, Prembhoodass Ellayah, souhaite une enquête pour situer les responsabilités dans cette affaire. L’inquiétude gagne également les employés puisque les biens du conseil ont commencé à être saisis.
Selon Prembhoodass Ellayah, « cette affaire date de très longtemps, soit à l’époque où le Conseil de Districts de Pamplemousses/Rivière-du-Rempart a fait construire la foire » de Rivière-du-Rempart. « Il fallait effectuer un “final payment” de Rs 8,2 millions à Alphamix, mais le conseil ne l’a pas fait. Ce dernier est allé en cour et voilà que nous sommes aujourd’hui assis sur des réclamations de l’ordre de Rs 72,9 millions. Je ne sais pas ce qui s’est passé à cette époque, et je ne connais pas la raison pour laquelle le conseil n’a pas payé. Je n’étais pas conseiller entre 2005 et 2016 », avance-t-il.
La compagnie Alphamix envisage de saisir les « moveable assets » appartenant au conseil, dont des camions-bennes. Elle a déjà saisi la voiture officielle du président, une Jaguar, depuis jeudi dernier. « Le conseil n’a pas d’argent pour payer. Nous avons demandé un “stay of execution” et je ne sais pas ce qui se passera », ajoute-t-il.
Depuis que cet ordre de saisie a été donné par la Cour suprême, les appels à la démission du président et des conseillers actuels fusent de toute part. Prembhoodass Ellayah récuse ces critiques : « Quelqu’un a fauté et n’a pas voulu payer. Il a dû donner ses raisons, mais c’est nous qui sommes assis sur cette affaire. Pourquoi devons-nous démissionner ? Nous n’avons commis aucune faute. Kan mo pa ti la, ki mo bizin demisione ? » Il soutient également que même les anciens conseillers n’ont « rien à voir » avec cette affaire. « Ce ne sont pas eux qui détiennent la bourse du conseil. Il faut savoir si les conseillers de l’époque avaient demandé que le contracteur ne soit pas payé. Tout est flou, mais je peux dire que cette affaire s’est passée à l’époque où régnait le gouvernement travailliste », fait ressortir notre interlocuteur.
Que se passera-t-il si les camions-bennes du conseil sont saisis ? Comment ce dernier assurera-t-il le service de voirie dans les villages tombant sous sa juridiction ? À ces questions, le président répond : « Si nos véhicules sont saisis, nous devrons en louer d’autres pour continuer à assurer le service de voirie. Il n’est pas question d’interrompre ce service, les habitants hurleront. Nous ne pouvons les faire souffrir. » Toutefois, trois villages ne seront pas affectés, à savoir Grand-Baie, Goodlands et Rivière-du-Rempart, où le service de voirie est assuré par le secteur privé.
Prembhoodass Ellayah demande au gouvernement de trouver une solution à ce problème. « Il faut arrêter cette démarche de saisie des biens du conseil et instituer une d’enquête en vue de faire la lumière sur cette affaire. Je l’ai dit au ministre Mahen Jhugroo : celui qui a fauté doit prendre ses responsabilités », a-t-il déclaré. Par ailleurs, du côté des employés de ce conseil, c’est l’inquiétude générale depuis qu’ils ont vu partir la voiture officielle du président. « Le conseil fermera-t-il ses portes ? Va-t-il s’écrouler ? Que compte faire le gouvernement ? », s’interrogent-ils.