Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a allégué, hier soir, lors d’un congrès à Rivière du Rempart que « Sir Anerood Jugnauth avait voulu l’assassiner en 1995 et mettre, par la suite, le blâme sur Paul Bérenger. » Cela serait passé alors qu’il venait de remporter les élections générales de 1995 et attendait que l’ancien Premier ministre démissionne de son poste pour le remplacer. Le leader du Ptr a, pendant plus de 45 min, fait le procès de SAJ de 1976 à ce jour, étape par étape, élection après élection.
M. Ramgoolam a raconté que Cassam Uteem, alors président de la République, l’avait donné un choc en l’apprenant que SAJ avait demandé un délai de sept jours pour démissionner de son poste de Premier ministre. «Normalement, cela se fait en deux, trois jours. Lorsque j’ai voulu savoir pour quelle raison il avait besoin de sept jours, Cassam Uteem m’avait dit que SAJ devait récupérer les portables et les voitures qu’ils avaient mis à la disposition de ses agents avant de quitter son poste sinon il allait faire les frais de leurs appels et dépenses sur l’essence. Fos sa, enn zour mo pou dir ki konplo li ti pe fer pandan set zour pou li asasin mwa e met sa lor latet Berenger», a-t-il lancé.
De la même manière, a poursuivi M. Ramgoolam,  « SAJ m’avait dit que si mo pa pandi Sir Gaetan Duval, mo pou sanz mo nom. » «Zordi Xavier pe mars ar li», a-t-il ajouté. Il a aussi indiqué un jour il trouvera la vidéo d’un témoin qui a raconté comment SAJ avait voulu en finir avec Sir Gaetan Duval. Selon lui, le leader de l’Alliance Lepep aurait également ourdi des complots contre Jean-Claude de L’Estrac et Harish Boodhoo.
Auparavant, M. Ramgoolam a raconté comment SAJ avait en 1983 supplié Sir Seewoosagur Ramgoolam «pou sov so lapo.» « Li fin servi dimoune malad e apre li anpes li vin kandida dan nimero 5 an 1983. Li servi dimounes dan Ptr pou disoud Ptr e fer zot rant dan MSM », a-t-il révélé. Il est, ensuite, revenu sur l’affaire Amsterdam Boys pour dire que « li amen la mafia la drog dan so biro, li tal tapi rouz pou so minis a laeropor ki ti retourne e kan presion lor li, li met komision danket », a-t-il affirmé. Le leader du Ptr a raconté comment SAJ l’avait supplié pour qu’il entre au MSM alors qu’il se rendait à l’étranger pour des études d’avocat. « Li dir mwa pena bon hindou dan mo parti, mo bizin ou mem», a-t-il affirmé. M. Ramgoolam a accusé SAJ d’avoir comploté pour lui faire perdre son poste de leader de l’Opposition en 1991. Il a dit avoir aidé Pravind Jugnauth lors d’une élection partielle en 2008 en disant : «Mo fin tir li depi dan karo kan, mo met li dan Parlman. Mo ti don serpan bwar dile. Sa kou la mo pou kraz so latet», a-t-il affirmé, avant d’évoquer l’affaire Medpoint où, selon lui, SAJ lui avait demandé d’arrêter l’enquête de l’ICAC sur cette affaire. Il s’en est aussi pris à l’ancien Commissaire de police, Raj Dayal.
Avant lui, le leader du MMM, Paul Bérenger, a parlé des défis économiques qui guettent notre pays, «mais quand même, nous allons faire le maximum quant il s’agit de la pension de vieillesse et les salaires des travailleurs.» Selon lui, l’industrie sucrière est en danger de mort avec les prix qui ont chuté de 60% depuis 2011. D’où son «appel fraternel aux syndicalistes de ne pas provoquer une grève dans ce secteur.» Il leur a demandé de bien réfléchir sur cette question. « Nous disons qu’on peut trouver un arbitre indépendant e sa gayne sa, reflesi byen lor la», a-t-il dit. M. Bérenger a également parlé de la relance du secteur financier et de l’offshore, de la création de milliers d’emplois dans le secteur des TIC, avant de s’attaquer à une partie des médias, dont un quotidien et deux radios privées. Il a qualifié de «mercenaires» certains journalistes  « ki pe fer palab. »
L’ancien ministre des Finances, Rama Sithanen, a parlé de ses priorités que sont la création de 60 000 à 75 000 emplois en cinq ans, de la formation professionnelle et des PME. Il a réfuté les propos de Pravind Jugnauth à l’effet que les travailleurs n’obtiendraient pas de boni de fin d’année. «Sa li garanti par la lwa, tou dimoues pou gayne » , a-t-il lancé. Jay Prakash Meenowa, Prateebha Bholah et Balkissoon Hookoom ont également pris la parole à ce congrès qui était présidé par Deva Virahsawmy.