Le leader du Remake 2000, Sir Anerood Jugnauth a soutenu, hier soir, lors d’un congrès nocturne à Rivière-du-Rempart, qu’il ne veut pas redevenir Premier ministre du pays par soif du pouvoir mais par devoir. « Si vous voulez redonner le pouvoir à Navin Ramgoolam, vous êtes libres mais si le pays retombe dans la misère comme en 1982, il ne lui sera pas facile de se relever. Kikfwa li pou inposib, mem avek mwa. Parski sityasyon internasyonal pa favorab ditou », a-t-il lancé.
« La situation dans laquelle se trouve le pays est celle d’un avion dont le pilote s’est endormi et qui va s’écraser », a soutenu sir Anerood Jugnauth, devant une bonne foule de partisans de la circonscription N°7. Pour lui, une telle situation aurait mené à une révolution dans d’autres pays. « On parle de peuple admirable ; moi, je dirai que le peuple se soumet trop, pli ou soumet, pli zot kraz ou ». Il s’est demandé s’il y a vraiment un gouvernement qui dirige le pays. « Nous nous dirigeons inévitablement vers la catastrophe », a-t-il déclaré, avant de rappeler comment, à partir de 1982, il avait pris les décisions qu’il fallait afin de remettre le pays sur les rails, après la débâcle économique des années travaillistes. « Manze pa ti ena, enn sans mo ti gayn sink kargezon diri kado, lerla nou finn debrouye ziska sityasyon finn amelyore ». La population, dit-il, avait de bonnes raisons de ne pas élire sir Seewoosagur Ramgoolam en 1982 parce que la plupart des Mauriciens ne pouvaient avoir deux repas par jour. Sir Anerood a rappelé qu’il a déjà été ministre, Premier ministre et président de la République et que ce n’est pas la première fois qu’il a démissionné d’un poste. « J’ai eu le courage de dire ses quatre vérités à SSR avant de démissionner ».
Pour sa part, l’ancienne activiste rouge Sandhya Boygah a soutenu que personne ne connaît Navin Ramgoolam mieux qu’elle. « J’ai travaillé pour lui pendant onze années et il m’a donné un coup de pied. Parce que nous ne sommes pas des femmes ki al frot frote kouma sertin lezot ou al dres mikro. Nous faisons élire des femmes pour leur dignité », a-t-elle déclaré. Elle a estimé que « Navin Ramgoolam so rol akter inn fini aster. »
De son côté, le leader de l’Opposition et du MMM Alan Ganoo a abordé plusieurs sujets, tels que les repas chauds dans les écoles ZEP, le départ du Premier ministre pour les funérailles à Londres de l’ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher, les inondations à Souillac et ailleurs dans le pays et le permis à points. Sur ce dernier sujet, il a estimé qu’il y a des erreurs à corriger. S’agissant des inondations du 30 mars dernier, il a parlé de l’enquête menée par le chef inspecteur Hector Tuyau « ki inn ekrir laverite. » « Il a dit que le gouvernement devrait assumer ses responsabilités dans cette affaire. Le ministre Bachoo doit soumettre sa démission et Navin Ramgoolam doit instituer une commission d’enquête si li pena naryen pou kasiet », a-t-il affirmé.
Dhanraj Boodhoo, Oodaye Lochun, Vinay Koonjal et Showkutally Soodhun ont également pris la parole à ce congrès présidé par Ravi Yerrigadoo.