Sir Anerood Jugnauth a retrouvé les activistes du Mouvement Socialiste Militant (MSM) mais aussi ses anciens mandants de la circonscription N°7 (Piton/Rivière-du-Rempart), hier soir, lors de sa première sortie politique, après sa démission du poste de président de la République il y a quelques semaines. Tantôt calme et de bonne humeur et tantôt énergique, le leader de l’Alliance MSM-MMM a réussi à faire passer son message qui est de mettre Navin Ramgoolam à la porte avant qu’il ne soit trop tard.
« Je n’ai jamais bluffé, moi ; je ne fais pas de fausses promesses et ce n’est pas aujourd’hui que je vais mentir. Je n’ai pas soif du poste de Premier ministre », lance SAJ, devant une foule en délire à chaque phrase lancée par l’ex-président. Il explique : « Devenir Premier ministre, cela ne signifie pas que je vais mener une vie facile. Si vous avez vraiment à coeur votre pays, vous devez porter ce fardeau et travailler dur. J’ai été PM pendant 16 ans et je n’ai jamais eu le temps pour s’occuper de ma santé. Heureusement que j’ai perdu les élections de 1995 sinon j’aurai continué à mener la même vie e azordi mo pa ti pou la, mo ti pou fini ale. »
SAJ commence par raconter l’état dans lequel se trouvait le pays avant 1982 : dévaluation de la roupie de l’ordre de 50 %, 85 000 chômeurs, un pays au bord de la banqueroute… « Azordi pe dir dan sak lakaz bizin enn gradye, ki pou fer avek sa, met konfi. » Il rappelle que face à une telle situation économique difficile, « même avec 60-0, nous étions obligés de dire à la population de se préparer à consommer de la papaye et du manioc, parski ti ena larzan pou aste manze zis pou 10 zour, lakes ti vid, det ti pe nway nou. » Il rappelle également comment il avait renvoyé le FMI et la Banque Mondiale qui voulaient mettre fin à l’éducation et à la santé gratuite. « Si je n’étais pas Premier ministre en 1982, ou ti pou bizin lav lame avek welfare State », ajoute-t-il.
Le leader de l’Alliance MSM-MMM rappelle alors le progrès accompli dans les villages sous son leadership. « J’avais dit qu’il ne devrait pas y avoir de différence entre ces deux entités. Après 1982, nous avons développé les villages comme les villes et aujourd’hui, certains villages sont mieux développés que les villes », observe-t-il. Au niveau de la vie quotidienne, ajoute l’ex-président, « nous avions enlevé les taxes sur de nombreux produits pou ou kapav viv byen. » Depuis 2005, fait-il remarquer, la même chose se produit avec le Parti travailliste. Les pauvres, dit-il, deviennent de plus en plus pauvres et la classe moyenne est en train de disparaître. « Azordi, olie al pli divan, ou pe rekile ».
À ce stade, SAJ devait rapporter que c’est Paul Bérenger qui est venu le voir pour faire le remake 2000. « Vu que le leader du MMM était sérieux et que le pays passait par une situation difficile, j’ai accepté ». Il dit avoir pensé que c’était une occasion pour lui de revenir en politique afin d’aider à redresser le pays « parski kouma pe ale, parey kouma papa la, pei la pe re-al ver la bankrout. Cette fois-ci, si ça arrive, il sera très difficile de s’en sortir ». Et de soutenir que l’alliance MSM-MMM va durer et que les élections générales ne sont pas loin. Il avoue qu’en 1982, il a eu de la chance car les conditions économiques mondiales lui étaient favorables. Mais elles ne le sont plus. Sir Anerood Jugnauth dit aussi avoir accepté de revenir en politique parce que Navin Ramgoolam a, selon lui, un hidden agenda : celui de “finir” le MSM car il pense que Pravind Jugnauth serait un challenger pour lui à l’avenir. « Alors, il se débarrasse de lui e li met Rambo prizonye dan Réduit e so simin lib. Mais, il ne s’attendait pas à ce que Rambo lui donne des coups de tête. Li pa ti atann sa », lance l’ex-président de la République. Sir Anerood nie, par ailleurs, qu’il y aurait une tentative de coup d’État contre le gouvernement et s’en est pris, en quelques phrases, à la Voice of Hindu et à Somduth Dulthummun, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation.