L’achat de treize portables durant ces trois dernières années par le Conseil de district pour les besoins de certains conseillers occupant des fonctions spécifiques et pour quelques membres du staff est diversement commenté au sein du Conseil de l’Ouest. Des conseillers ne contestent pas le fait que des personnes occupant des postes de responsabilité bénéficient d’un outil de travail, mais ils veulent savoir qui décide du choix de tel modèle pour tel ou bénéficiaire. La réunion du Conseil prévue demain ne sera pas de tout repos pour son président et les cadres administratifs.
Le coût de ces portables varie de Rs 2 271 à Rs 8 600 en fonction des modèles, certains étant très simples et d’autres plus sophistiqués. Selon la pratique en vigueur au District Council de Rivière-Noire, le président et le vice-président de cette instance bénéficient d’un portable, tout comme les Chairpersons de quatre comités, mais ces outils ne sont pas leur propriété. Idem pour les cadres administratifs qui obtiennent un téléphone. Avec la nouvelle Local Government Act en vigueur depuis décembre 2011, il n’existe plus de comités et leurs quatre derniers présidents auraient dû avoir rendu ces portables à l’administration. Le conseiller Aurdally Noorani, un ancien président de comité, affirme avoir déjà rendu le téléphone et fait partie des conseillers qui interpellent le président du Conseil de district sur les dépenses encourues pour l’achat de cet outil de communication. « J’ai déjà posé une première question à ce sujet mais je ne suis pas satisfait des réponses obtenues. Pourquoi certaines personnes devraient avoir un portable dernier cri ? Ne faut-il pas avoir une somme uniforme et fixer une limite pour l’achat des téléphones ? » dit-il.
Voici quelques détails sur les prix des différents portables acquis ces trois dernières années, selon un document du Conseil de district : Rs 8 615 pour un ex-président du Conseil ; Rs 2 271 pour trois anciens Chairpersons of Committees ; Rs 8 000 pour le Acting Chief Executive Officer ; Rs 7 890 pour un cadre des Finances ; Rs 8 000 pour un ex-Chief Executive Officer ; Rs 6 783.85 pour le vice-président du Conseil ; Rs 2 271.25 pour le chauffeur du président du Conseil ; Rs 7 499 pour un ancien chef de département.
Outre les dépenses pour les téléphones, les déplacements annuels d’une délégation du Conseil de district aux Seychelles dans le cadre d’un Educational Tour avec le district de Anse Boileau provoquent des débats animés au sein du Conseil de district de Rivière-Noire. Cet Educational Tour concerne les enfants de 11 et 12 ans. Chaque année, un groupe d’enfants d’un village de l’Ouest part pour les Seychelles et un groupe d’enfants seychellois vient à Maurice. Pour rappel, le Education Tour des enfants seychellois à Maurice en juillet dernier avait soulevé un tollé en raison des dépenses élevées pour la consommation de boissons alcoolisées par les adultes durant ce séjour. Le ministère des Administrations régionales s’était lui aussi indigné de cette situation et avait demandé des explications aux responsables du Conseil de district.
Cette fois-ci, Baznath Dayal, vice-président, s’intéresse aux dépenses du Conseil pour la délégation qui se rend aux Seychelles chaque année et demande au président de fournir les détails suivants : les noms des représentants du personnel administratif et des conseillers qui ont fait partie des délégations depuis 2004 ; la durée de leur séjour ; les stipends qu’ils ont reçus ; les détails du programme d’activités aux Seychelles.
Il est bon de savoir que pour les Educational Tours aux Seychelles, ce sont les parents qui financent entièrement les billets d’avion de leurs enfants et parfois certains d’entre eux s’endettent pour leur faire plaisir. Baznath Dayal trouve « anormal » que le Conseil de district ne contribue pas au coût des billets d’avion, d’autant que les enfants concernés par cet Educational Tour, dit-il, « n’évoluent pas dans des familles qui sont financièrement aisées ». « Je ne comprends pas comment le Conseil de district prend à sa charge la totalité des déplacements des conseillers et du staff et ne met pas la main à la poche pour les billets d’avion des enfants. Il s’agit d’enfants issus des régions défavorisées. Il faut revoir les modalités de cet Educational Tour de manière à ce que les parents ne s’endettent pas. Ma question demain au président tend dans cette direction », a-t-il déclaré au Mauricien ce matin.