Des conseillers au Conseil de district de l’Ouest ne veulent plus que le Chief Executive guide le déroulement des réunions du Conseil à la place du président bien que ce dernier soit présent. Le conseiller Aurdally a contesté hier le non-respect d’une motion votée à l’unanimité la semaine dernière et selon laquelle le Chairman et les conseillers seuls devraient s’exprimer « during council meeting ». Marie Aimée Bhujohory, Chief Executive p.i, après y avoir exprimé son désaccord en soulignant que c’est elle qui doit mettre en oeuvre les décisions du Conseil, devait finalement s’aligner sur cette motion.
Le conseiller Aurdally (MSM) a reproché hier à Krishna Rutnee, le Chairman du Council, de n’avoir pas tenu compte de cette motion votée à l’unanimité et qui figure dans le procès-verbal. Il a fait remarquer qu’il y a une seule loi qui régit les collectivités locales et ajoute qu’il se réfère aux « bonnes pratiques » existant ailleurs par rapport au fonctionnement du Council. Sa motion, dit-il, n’a rien d’anormal. « Se Chairman ki bizin prezid renyon de boutanbout me si ou bizin reponn bann kesyon ki byen teknik Chief Executive la pou ed ou ek pou donn ou bann informasyon ki bann mam Council pe rode. Mo finn al gete kouma renyon pase ayer ek se enn plezir pou gete kouma zot fonksione », a déclaré le conseiller Aurdally. Celui-ci a fait clairement comprendre au Council qu’il ne s’oppose pas à la présence du Chief Executive mais qu’il n’est pas d’accord tout simplement avec ses fréquentes interventions à la place du président de séance.
Marie-Aimée Bhujohory, la Chief Exective p.i, n’a pas du tout apprécié hier les remarques du conseiller Noorani et de quelques autres conseillers concernant sa participation active au sein des Council Meetings et s’est quelque peu énervée. « Mo abilité pou intervenir » a-t-elle réagi. « En tant que Secretary c’est moi qui doit veiller à la mise en pratique des décisions du Council et j’ai le droit de prendre la parole n’importe quand. Ou pe trompe », a-t-elle poursuivi. Sur l’insistance du Conseiller Aurdally, elle devait même ajouter à l’adresse des membres du Council : « Si koumsa mo ale » … « Mo pa finn dir ou ale mo pe dir ki se Prezidan ki bizin prezid renyon. Mo krwar ki li pou kapav fer li ek bann konseyer osi pans parey kouma mwa », a répliqué Noorani Aurdally.
Krishna Rutnee, le Chairman du Council, qui a assisté en silence aux vives réparties entre le conseiller Aurdally et le Chief Executive pendant plusieurs minutes, est finalement intervenu pour se plier à la motion votée par l’ensemble du Council en disant tout simplement « Ok ».
Le conseiller Aurdally est membre de ce conseil depuis 2005 et a en outre occupé la fonction de vice-président durant 42 mois consécutifs. Pourquoi a-t-il attendu toutes ces années avant de ramener le Council aux « bonnes pratiques » ? Interrogé par Le Mauricien à ce sujet le conseiller répond : « Vous avez raison de me poser cette question. Je croyais qu’on procédait ainsi dans toutes les collectivités locales. Mais ces derniers mois, j’ai assisté à plusieurs Council meetings dans des municipalités et dans des Conseils de district et j’ai aussi questionné beaucoup de conseillers sur le fonctionnement du grand Council et c’est à partir de là que j’ai découvert que nous étions complètement dans l’erreur à Rivière-Noire. Kot nou, presidan dan renyon Council zist swet labienvu ek dir orevwar… » Noorani Aurdally tient à dire qu’il ne conteste nullement la fonction bien importante d’un Chief Executive au sein des municipalités et des Conseils de district.
Par ailleurs, selon les règlements, que ce soit dans une municipalité ou Conseil de district, les conseillers durant un Council meeting n’ont pas le droit d’interpeller directement les cadres et tout employé de ces collectivités pour avoir des réponses ou des explications sur un sujet donné. Ils doivent impérativement s’adresser au président de la séance pour toute information qu’ils souhaitent avoir. Celui-ci demandera alors au Chief Exectutive d’éclairer les conseillers sur leurs demandes et ce dernier à son tour demandera les informations auprès du Chef de département concerné qui, lui, est redevable uniquement envers son Chef hiérarchique. « Pendant le Council meeting, le chef de département fournit le renseignement recherché au Chief Executive et non pas au président de la séance », indique un cadre d’une municipalité. Or, pendant la réunion d’hier au Conseil de District de Rivière-Noire, on a vu des conseillers interpeller directement les employés…