Longtemps attendue, la nouvelle réglementation concernant la vente du riz basmati entrera en vigueur à compter du 1er juin prochain. Selon ces nouveaux Basmati Rice (Control of Sale) Regulations 2012 récemment publiés à l’officiel, à compter de cette date, tout importateur de riz basmati devra obligatoirement obtenir de l’un des deux pays exportateurs — Inde et Pakistan — un certificat d’authenticité de l’une des trois agences de certification — une pour l’Inde et deux pour le Pakistan — que le ministère mauricien de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des Consommateurs a décidé d’accréditer.
Ces trois organismes de certification sont pour l’Inde l’Export Inspection Council of India, une agence dépendant du ministère indien du Commerce et de l’Industrie et pour le Pakistan soit le Quality Review Committee du Rice Exporters Association of Pakistan ou la Directorate of Marketing and Inspection du ministère pakistanais de l’Agriculture. Il est à noter que, dans le cas de l’Inde, l’organisme de certification choisi pour cet exercice de contrôle de qualité à la source est le même que celui auquel a recours l’Union européenne (UE) pour l’entrée sur son territoire du riz basmati indien.
La décision du ministère mauricien de l’Industrie et du Commerce de venir de l’avant avec de nouvelles normes de contrôle pour l’importation et la vente sur le marché du riz basmati fait suite à de multiples doléances formulées depuis un certain temps, notamment par des associations de consommateurs. Pour certains, il semble que le mal soit parti à partir du moment où la State Traging Corporation (STC) a décidé de se retirer du commerce de l’importation du riz basmati.
Des associations de consommateurs disent en effet que depuis cette libéralisation de l’importation, de nombreux importateurs, flairant le bon filon, n’ont eu de cesse d’importer des produits de qualité inférieure qu’ils présentaient comme du basmati authentique pour les vendre à prix coûteux. L’on soupçonne même que, dans cette tricherie sur la marchandise, du riz « long grain » de même que du riz dit « de ration » de meilleure qualité étaient offerts comme du basmati.
Riz parfumé constituant la crème des quelque 8 000 variétés de riz connus et consommés par la moitié de la population mondiale, le basmati uniquement cultivé en Inde et au Pakistan se distingue, entre autres, par son arôme, sa saveur, la finesse de son grain et son teint. À Maurice, où sa consommation ainsi que celle de l’autre riz parfumé thaï a nettement augmenté en un quart de siècle, il est surtout prisé pour la préparation du fameux briani, plat servi dans les grandes occasions.
La nouvelle norme nationale MS 177:2011 entrant donc officiellement en vigueur et devant être effective à compter du 1er juin, il reste à savoir si les autorités locales ont les moyens, notamment techniques, pour sa mise en application. À cet effet, une source laisse entendre que le MSB serait même équipé pour procéder, si besoin est, à des tests ADN en vue de la certification de la variété d’échantillons de riz qui pourraient lui être soumis pour examen.