Suttyadeo Tengur, de l’Association for the Protection of the Environment and of Consumers (APEC), insiste pour que le ministre du Commerce, Kader Sayed-Hossen, s’inspire de la directive européenne en matière d’importation et de commerce du riz Basmati en marge de la nouvelle réglementation en la matière que le ministre devrait publier à l’officiel d’ici fin février.  
Comme Jayen Chellum, de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM), pour Suttyadeo Tengur, pas tous les produits que l’on présente comme du riz Basmati sur le marché sont, en fait, du Basmati authentifié. « Je veux voir la réglementation qu’arrêtera le ministre Kader Sayed-Hossen pour savoir comment il s’y prendra pour soi-disant éliminer la fraude sur ce produit. »
Alors que, allègue-t-il, il est si facile d’obtenir auprès d’organismes bidons dans les deux pays producteurs, à savoir l’Inde et le Pakistan, des certificats de complaisance attestant, supposément, de l’authenticité d’un riz Basmati, il aurait fallu suivre, selon lui, la directive de l’Union européenne à ses Etats-membres, à cet effet.
Effective depuis le 1er juillet 2006, cette nouvelle directive européenne donne le droit au seul organisme officiellement accrédité dans chacun des deux pays exportateurs de certifier l’authenticité des produits cultivés chez eux pour être qualifiés de « genuine Basmati. »
Pour l’Inde, il s’agit de l’Export Inspection Council, un organisme sis à New Delhi et dépendant du ministère indien du Commerce, tandis que pour le Pakistan, il s’agit de la Trading Corporation of Pakistan (Pvt) Ltd de Karachi dont le siège se situe au Finance & Trade Centre.
Dans cette directive européenne, il est même demandé aux importateurs de faire authentifier la variété particulière de Basmati qu’ils entendent écouler sur le  marché européen selon qu’elle soit, par exemple, Kernel, Ranbir, Pusa ou Super. En cas de suspicion, des tests ADN sont effectués sur des échantillons et le bon grain est différencié de l’ivraie.
Mosadecq Sahebdin, Consumer Protection Activist, trouve lui aussi nécessaire de mettre de l’ordre dans le commerce du riz Basmati dans la mesure où le directeur-général de la State Trading Corporation (STC), Megh Pillay, a lui-même reconnu qu’un bon pourcentage de ce produit écoulé sur le marché local n’était pas du Basmati authentique.
Il se demande, toutefois, si le Mauritius Standards Bureau (MSB) a les moyens d’une vétitable politique de contrôle sur ce produit. Le « genuine Basmati », selon sa variété, se reconnaît, dit-il, par une série de qualités qui lui sont propres, dont sa saveur, son arôme, la finesse de son grain ou son teint. Pour lui, tout a démarré avec le retrait de la STC de l’importation de ce produit.
« Quand, explique M. Sahebdin, dans le temps, la STC avait décidé d’importer du Basmati, les prix avaient soudainement chuté et l’on obtenait de bons produits. Puis, quand la STC s’est retirée de ce commerce, les prix ont de nouveau augmenté alors que la qualité du produit aussi s’est, dans l’ensemble, détériorée. »
M. Tengur trouve, lui, que si l’on veut un produit de qualité, il faut bien que l’on soit prêt d’avoir « value for money. »
En tout cas, aux dernières nouvelles, il nous revient que le ministre du Commerce pourrait bien imposer la nouvelle réglementation concernant le riz Basmati aux importateurs d’ici la fin de ce mois de février même.