Linzy Bacbotte-Raya, artiste très populaire et connue de Maurice, sort de ses gonds : « Ce n’est pas une manière de faire ! J’en viens à penser que la Rights Management Society (RMS) se permet d’avoir une politique de deux poids, deux mesures, si ce n’est de « guet figir » ! » La raison de sa colère : l’artiste a sollicité, « depuis août dernier, une simple formalité pour ce qui est de m’acquitter des droits d’auteurs pour des musiques que je jouerais dans mon école de chants et de danses, Sing Again… Mais au lieu de m’encourager à être une citoyenne honnête, on me fait tourner en bourrique ! » Dans le même souffle, ajoute-elle, « il existe une confusion autour des frais auxquels sont soumises les écoles de formation à vocation artistique… »
Ce mercredi 23 septembre, Linzy Bacbotte-Raya est « convoquée, à midi, par le comité de la RMS pour venir m’expliquer sur ma demande de m’acquitter de ces droits d’auteur… Selon ce que j’avais appris par certains fonctionnaires, ce comité ne comprenait pas ma démarche et souhaitait avoir mes explications. » Mais quand elle se pointe devant la porte de l’organisme, dont le siège se trouve à Beau-Bassin, mercredi, elle découvre que « c’est fermé, d’après un panneau, pour cause de déjeuner, entre midi et 13h… » Intriguée et « un peu déjà en colère qu’on m’ait convoquée pour que j’ai à attendre, car j’ai plusieurs engagements professionnels », l’artiste finit par apprendre d’un employé de la RMS que « enn bul ruz finn deroule gramatin ek tou finn cancel… Pena comite narien. »
Là, explique Linzy Bacbotte, « je n’en pouvais plus ! La moindre des choses est qu’on aurait pu m’informer par un coup de fil ou un texto que le rendez-vous avait été annulé ! Plutôt que de me faire me déranger, venir jusqu’à Beau-Bassin, pour rien ! » Mais l’argument, élabore notre interlocutrice, « démarre plus tôt… Dans le sillage du lancement de mon école de chants et de danse, en bonne citoyenne responsable et qui s’acquitte de ses devoirs, j’ai approché la RMS, dès le mois d’août afin de remplir un formulaire où j’atteste que je vais faire usage de musiques diverses, locales et étrangères, dans le cadre de mes classes de danse. Donc, que je compte m’acquitter des droits d’auteurs que des supermarchés, magasins, stations à essence, entre autres, paient régulièrement puisqu’ils diffusent des musiques. »
Or, se rend compte Mme Bacbotte-Raya, « pour une procédure somme toute très simple, on m’a expliqué que le comité ne comprenait pas ma démarche… D’où leur décision de me convoquer, mercredi. Mais entre-temps, on a joué au chat et à la souris, avec moi, puisque cela a duré trois mois ! Pour une procédure qui ne devrait prendre au pis aller qu’une semaine ; puisqu’il ne s’agit que de remplir un formulaire. » Et de surcroît, fait ressortir Gérard Louis, artiste et solidaire avec Linzy Bacbotte dans cette affaire, « Linzy aurait pu ne rien déclarer à la RMS et ne pas payer cette cotisation. Plein de gens font ça ! Cependant, elle a une conscience et elle a voulu agir honnêtement… » Et Linzy de continuer « voilà la récompense pour les citoyens qui veulent obéir aux procédures et aux lois ! »
L’artiste se pose une foule de questions : « Est-ce parce que je m’appelle Linzy Bacbotte et que j’ai été conseillère de ministre sous un autre régime que j’ai droit à un tel manque d’égards ? » Elle soutient que « quand j’occupais ce poste, les artistes venaient solliciter une aide du ministère des Arts et de la Culture, et je ne m’occupais nullement de leur appartenance politique ou autre ! Tout le monde était logé à la même enseigne ! Tous de la communauté des artistes. Je n’ai jamais pratiqué une quelconque discrimination envers qui que ce soit ! » Linzy Bacbotte trouve « dommage s’il s’avère qu’on veut me faire des histoires uniquement sur la base que j’ai été conseillère de ministre. C’est très « cheap » ! »
Pour sa part, Gérard Louis, directeur de Geda Music et membre du groupe emblématique Cassiya fait ressortir que « depuis que la Masa a été remplacée par la RMS, tout va de travers ! Il est grand temps d’y mettre de l’ordre. » Il suggère que « l’on ramène Gérard Louise, qui a été un directeur performant. Lui saura y faire et protéger les droits des artistes comme il le faut ! »
Par ailleurs, Linzy Bacbotte fait remarquer qu’« il existe aussi des confusions s’agissant des honoraires à payer par les artistes qui opèrent des écoles de formation à vocation artistiques. D’après ce que j’ai appris, il ne semble y avoir un tarif standard. Est-ce que c’est toujours la politique « guet figir » qui est prônée ? »