Il est le chanteur du groupe britannique qui, pour certains, a signé l’acte de naissance du hard rock. Led Zeppelin aura du moins initié un son saturé et éventé des riffs assassins dans les années 70. Une étincelle aux poudres du hard rock.
Robert Plant est né le 20 août 1948. Pour en parler, Marie-Michèle Étienne se remémore les notes rebelles d’une génération.
Il passe son enfance au sein d’une famille aisée près de Birmingham. Et se découvre à l’adolescence une passion pour le blues. Robert Plant quitte l’école au début des années 60 pour se consacrer à la musique. Il hurle le blues de Robert Johnson ou d’Otis Clay dans les clubs du Black Country, cette région aux alentours de Birmingham surnommée ainsi en raison de l’industrie minière. La voix puissante de Plant ne passe pas inaperçue. L’aventure dans le dirigeable de plomb commence ici.
1968.
Led Zeppelin naît des cendres des Yardbirds en 1968, groupe de rock dans lequel sont passés Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page. Le guitariste Page est aux commandes des Yardbirds, en passe de se dissoudre. Il recrute quelques musiciens pour assurer des dates de concerts, dont le bassiste John Paul Jones. Et apprend qu’un jeune chanteur commence à se faire un nom dans le circuit. Il va le voir sur scène et lui propose d’intégrer les rangs du groupe. Robert Plant accepte et suggère le nom d’un ami pour tenir les baguettes. John Bonham est d’abord réticent mais finit par accepter. Le quatuor commence à tourner et prend le nom de Led Zeppelin.
Led Zeppelin sort son premier opus en 1968 : Led Zeppelin. Le disque est un condensé de blues qui s’épaissit pour prendre de nouvelles tournures plus lourdes. Quelques mois plus tard sort le second opus, Led Zeppelin II, qui offre à la formation son premier grand tube, Whole Lotta Love. “Je devais avoir quinze ans à l’époque des années hippies et du rock underground. Les jeunes de cette génération écoutaient, entre autres, du Black Sabbath, Jethro Tull et Led Zeppelin, un des groupes qui sortaient du lot avec une musique inspirée du blues et de sonorités celtiques que l’on retrouvera dans certains titres, dont Stairway To Heaven”, confie Marie-Michèle Étienne.
Scène.
La musique de Led Zeppelin est un mélange entre des standards de blues et des morceaux au son saturé et abrasif. Pour certains, l’acte de naissance du hard rock. Ou du moins, cette étincelle qui allait mettre le feu aux poudres. Le groupe gagne une aura sur scène avec les concerts où chaque composition pouvait donner lieu à de longues improvisations sur lesquelles Jimmy Page ou John Bonham étalaient leur maîtrise.
Avec Led Zeppelin IV (1971), Led Zeppelin signe un classique qui fait toujours autorité dans le monde du rock, avec deux titres de légende : Black Dog et le cultissime Stairway To Heaven. Led Zep surprend avec un mélange entre rock abrasif et psychédélisme qui sent la fumette. Des pièces oniriques avec des solos d’anthologie. Led Zeppelin fera également des emprunts au funk, au reggae et au rock prog. La formation prépare peu à peu son virage vers des influences plus orientales.
Elle explore encore de nouvelles directions. Kashmir, dont des samples sont repris pour la bande-annonce du film Godzilla. Ce qui donnera Come With Me, interprété par Puff Daddy en 1998.
Duo mythique.
Jimmy Page expérimente des sons singuliers, sans doute sous l’influence de Jimi Hendrix. Mais c’est avant tout un travail d’équipe. John Bonham dans ses solos de batterie (pouvant durer vingt minutes en concert), accompagné au début et à la fin d’un riff assassin de Page. Ou ponctués par Robert Plant et ses paroles autour d’influences moyenâgeuses et mystiques. La tessiture du chanteur pouvant monter avec puissance dans des hauteurs insoupçonnées, elle est utilisée pour transcender les morceaux. “Page et Plant formaient un duo mythique, mais Bonham n’était pas moins génial avec un jeu bien particulier à la batterie. Avec sa disparition prématurée, l’essence de Led Zeppelin s’est évanouie à jamais.”
Le groupe développe entre-temps une réputation sulfureuse, entre sexe, drogues, beuveries. Robert Plant a un grave accident de voiture en 1975 et ne sait pas s’il pourra remarcher un jour. L’humeur au sein du groupe est sombre. Le chanteur enregistre en fauteuil roulant et semble bien désabusé. Plant se remet de ses blessures et le groupe tournera intensément jusqu’en 1977, lorsque le chanteur apprendra le décès de son fils Karac, alors âgé de cinq ans.
Tragédie.
Il faudra attendre 1979 pour un nouvel album de Led Zeppelin, mais Page est aux abonnés absents à cause de problèmes de drogue.
Led Zeppelin tente vainement de s’imposer au milieu de nouveaux groupes émergents (AC/DC, Kiss, Judas Priest) et surtout face à la vague punk qui le mettra définitivement à la trappe en 1977.
Puis, le sort frappe à nouveau en 1980 lorsque meurt John Bonham, après avoir consommé trop d’alcool. La version officielle dit qu’il a bu plus de 40 vodka-orange, mais Bonzo consommait un antidépresseur pour surmonter son manque d’héroïne, tout en continuant de boire.
Le groupe se sépare suite à cette tragédie. Après s’être difficilement remis de la mort de Bonham, Plant s’est réfugié loin des grosses machineries du business musical.