Le cadavre d’un cuisinier bangladeshi, Bechu Sivadasa Kogluthoalla Kizakathu, 41 ans, a été découvert sur l’asphalte à la rue L’abattoir à Roche-Bois tôt ce matin. Les premières indications recueillies dans les milieux autorisés de la police tendent à confirmer qu’il a fait une chute du toit d’un bâtiment d’un étage seulement, où résident des ouvriers bangladeshis et indiens travaillant pour le compte de PAD & Co Ltd. Les enquêteurs doivent déterminer si la chute a été volontaire, accidentelle où encore si elle relève d’un cas de foul play.
L’autopsie pratiquée ce matin par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, attribue la mort du travailleur étranger à une fracture du crâne. Le rapport devrait permettre aux enquêteurs d’y voir plus clair dans cette affaire.
Les recoupements effectués par Le Mauricien sur le terrain indiquent que peu après 23 h hier, après une partie de beuverie avec d’autres collègues dans le dortoir, Bechu Sivadasa Kogluthoalla Kizakathu serait monté sur le toit du bâtiment pour griller une cigarette alors que ses collègues étaient déjà au lit. L’agent de sécurité, se trouvant au rez-de-chaussée, avait quant à lui fermé les volets vers 23 h. C’est quand il les a rouverts, à 4 heures du matin, qu’il a fait la macabre découverte.
Les éléments affectés au poste de police de la localité, sous la responsabilité de l’inspecteur Mootooveeren, accompagnés des éléments du Scene of Crime Office (SOCO), sont venus sur les lieux pour les premières constatations dans le cadre de l’enquête. L’emplacement où gisait la victime a été cordoned-off à cet effet également. L’enquête policière s’annonce quelque peu délicate vu que quand le drame s’est produit, les ouvriers bangladeshis et indiens étaient quasiment tous couchés. Un autre cuisinier bangladeshi, considéré comme proche de la victime, était au poste de police de Roche-Bois ce matin en compagnie d’un interprète pour faire la chronologie de la soirée.
Des sources proches de l’enquête affirment que la victime n’avait pas problème majeur et donc à première vue aucune raison valable de se suicider. Le syndicaliste Faizal Ally Beegun, engagé auprès des travailleurs étrangers, a affirmé au Mauricien à la mi-journée qu’il avait rencontré la victime lors d’une visite du dortoir il y a un mois et que le cuisinier semblait stable. « Il m’a dit qu’il s’occupait des repas des autres travailleurs du dortoir et qu’il était bien rémunéré. Ce n’était pas quelqu’un qui présentait des problèmes », fait comprendre le syndicaliste.
Au dortoir ce matin, l’atmosphère était particulièrement morose, et la quasi-totalité des ouvriers bangladeshis et indiens avaient choisi de ne pas aller travailler. Affligés par ce drame, ils avaient constamment les yeux rivés à l’endroit où le cadavre de leur collègue a été découvert. « Nous espérons que le ministère du Travail, celui des Affaires étrangères et la compagnie Padco prendront leurs responsabilités quant au rapatriement du corps de la victime au Bangladesh », affirme Faizal Ally Beegun.