Poursuivant sa mission de lutter contre l’effritement des valeurs familiales, l’Association Pour Personnes en Larmes a organisé récemment pour une vingtaines de mères de la région de Roche-Bois une formation sur le thème « Strengthening Family Ties ». Cette formation de trois semaines visait à inculquer aux participantes les rudiments des valeurs de la famille. Elle a été animée par la travailleuse sociale Woozrah Kootbally.
« Mo finn aprann boukou kiksoz », s’enthousiasme Christiana Armand, une des vingt stagiaires qui a participé à cette formation organisée par l’Association Pour Personnes en Larmes (APPEL), une organisation non-gouvernementale de Roche-Bois. APPEL s’est donné pour objectif de renforcer les valeurs familiales (voir encadré). « Kuma mo ti retourn lakaz, mo finn kumans met en pratik seki mo finn aprann ! », ajoute la stagiaire.
Et la première chose que Christiana Armand a tenu à mettre en pratique chez elle, c’est de prendre le dîner en famille. « Zame mo ti pense ki li importan ki nou manze aswar ansam en fami », commente cette femme de 36 ans, mère de cinq enfants âgés de six à 19 ans. « Le premier travaille déjà, alors que tous les autres vont encore à l’école », ajoute-t-elle.
Pour la formatrice Woozrah Kootbally, inciter les familles à prendre en famille au moins un repas par jour est un des moyens pour renforcer ce vivre en commun si important pour réussir sa vie familiale. « Les gens ne réalisent pas combien c’est si important de s’aménager des moments de vivre en commun afin de pouvoir disposer du temps de l’échange et du partage », explique-t-elle au Mauricien. « Et il revient bien souvent à la maman, en tant que “Manager” de sa famille, d’inciter ses enfants et son époux à être ensemble pour partager au moins un repas par jour », poursuit-elle. « Petit à petit, ce repas partagé en commun va devenir un moment privilégié de partage et d’échange, deux valeurs très importantes pour la réussite d’une vie familiale », ajoute-t-elle.
Comment enrichir ce « vivre en commun » dans la famille a été le principal objectif de cette formation, selon Woozrah Kootbally. « La première semaine, nous avons parlé des problèmes sociaux et comment ceux-ci trouvent leur racine dans la famille », raconte-t-elle. « Beaucoup de nos stagiaires en réalisent pas que les problèmes qui affectent la société moderne tels que la drogue, l’alcoolisme, la violence domestiques, entre autres, trouvent leurs causes premières dans un dysfonctionnement de la famille qui est la cellule de base de la société. Que la société se construit à partir de la famille et que c’est en renforçant la solidité de la base familiale qu’on renforce l’harmonie sociale », élabore-t-elle.
Ainsi, durant cette première semaine, les stagiaires ont eu droit à un exposé sur les changements dans le monde durant ces dernières années, avec notamment l’industrialisation et l’avancée des technologies de l’information et des communications et quelle a été l’incidence de ce changement sur la cellule familiale. « Beaucoup de nos stagiaires ont été étonnées de comprendre que leur famille est affectée par la modernité ! »
Durant la deuxième semaine, les stagiaires ont été initiées aux responsabilités parentales. « Savoir écouter et savoir parler est à la base de la bonne entente dans une famille », commente Woozrah Kootbally. Les valeurs familiales du respect, de la solidarité et de l’empathie ont ainsi été abordées. « Il s’agit de savoir qu’il faut d’abord qu’il y ait respect de soi pour avoir le respect mutuel », ajoute-t-elle. « Nous leur avons expliqué que c’est à travers une bonne entente au sein de la famille qu’on arrive à atténuer l’impact des fléaux sociaux sur les enfants ».
Durant cette deuxième semaine, le stagiaires ont pu visionner un film, intitulé « Une famille Heureuse », qui présente le quotidien de deux familles, l’une où règne l’entente et l’autre où il y a des divisions. « Les discussions qui ont suivi ont permis aux participantes de distinguer les qualités et les attitudes requises pour promouvoir l’harmonie familiale », indique Woozrah Kootbally.
La troisième semaine a été consacrée aux témoignages. « Les stagiaires ont eu l’occasion d’aller mettre en pratique ce qu’elles ont appris durant les deux semaines précédentes et venir dire par la suite ce qu’elles ont noté de positif », commente la formatrice.
« Dommage… Formation-la trop kourt… Mo santi ki mo ena ankor boukou pou aprann », commente pour sa part Christiana Armand.