Pendant presque deux heures, les élèves de la Roches-Brunes Government School ont été privés d’accès à leur classe. En cause : l’absence de l’unique planton de l’école, hospitalisé après s’être blessé hier après-midi. Un employé d’une école voisine a été dépêché sur les lieux pour ouvrir les portes. Les enfants ont finalement pu regagner leur classe vers 11 h.
La scène était quelque peu inhabituelle ce matin. Alors qu’ils étaient supposés se trouver en salles de classe, les enseignants et élèves de la Roches-Brunes Government School, un établissement primaire figurant dans la Zone II – et qui compte une population de quelques 400 enfants –, n’ont pu y avoir accès, les portes étant toutes fermées. L’unique planton de l’école n’a en effet pas pu procédé à l’ouverture des salles. Et pour cause : celui-ci était hospitalisé alors que son trousseau de clés se trouvait… au poste de police de Beau-Bassin.
Les parents, qui accompagnaient leurs enfants ce matin, ont été surpris de constater que les cadenas étaient toujours posés sur les portes des salles de classe, et ce alors qu’elles étaient supposées être déjà ouvertes. L’inquiétude a fini par les gagner petit à petit. Un groupe de parents s’étaient massés devant l’enceinte de l’école, attendant patiemment l’ouverture des salles.
L’unique planton de l’école, après avoir fermé l’école hier, a quitté, comme le veut la procédure, le précieux trousseau de clés au poste de police de Beau-Bassin. Selon les règlements du ministère, les clés ne sont en effet pas conservées à l’école. C’est le caretaker qui est chargé de les déposer à la fin des cours au poste de police le plus proche de l’école afin de les récupérer le lendemain matin pour l’ouverture des classes. Or, dans le cas de l’école de Roches-Brunes, ce n’est que ce matin que le maître d’école aurait pris connaissance de l’état de santé du planton, avant de faire ensuite le nécessaire pour récupérer les clés au poste de police de Beau-Bassin. Lorsqu’il a enfin regagné l’école, ce dernier, ne sachant pas identifier les différentes clés, n’a pu ouvrir les salles, à l’exception de son bureau. Résultat : les élèves ont dû attendre que le ministère dépêche sur place un planton de l’école André Bazerque. Ce n’est finalement que peu avant 11 h que les enfants ont pu réintégrer leurs salles de classe.
Enfants épuisés
Des parents, rencontrés sur place, ont exprimé leur colère par rapport à la situation. Ils déplorent que leurs enfants soient restés au soleil, sous une chaleur accablante, en attendant l’ouverture des classes. D’autant plus que les toilettes étaient également fermées. « Mon enfant est épuisé d’avoir attendu aussi longtemps », déplore Smeeta, dont l’enfant est en Std I. « Cette situation est inacceptable », commente pour sa part un père de famille. Les parents s’indignent du fait que l’école n’emploie qu’un planton pour une population de quelque 400 élèves. Un parent pointe pour sa part du doigt les officiers du ministère qui, selon lui, n’auraient pas fait leur « travail de suivi du nombre de personnel ».
Deven Nagalingum, député de la circonscription – qui est arrivé sur les lieux –, estime que des mesures de précaution doivent être prises pour s’assurer que des situations similaires ne pénalisent pas à l’avenir le fonctionnement des classes. Il suggère qu’un double des clés soit gardé ailleurs. « Je demande au ministre de l’Éducation de look into it. J’espère que cela ne se répétera pas dans d’autres écoles », dit-il.
Le ministère de l’Éducation a ordonné de son côté un rapport du maître d’école sur l’incident de ce matin, principalement pour connaître les raisons pour lesquelles les portes ont été ouvertes avec retard. Concernant le nombre de plantons de l’école, le ministère concède qu’il y a un « problème de ressources » à l’échelle nationale dans cette profession, mais indique que dans le cas de l’établissement concerné, qualifiée de « petite école », « un seul suffit ».