La Roches-Noires saga, qui fait l’objet d’une enquête à deux têtes, sur respectivement les incidents au campement de Navin Ramgoolam le 3 juillet 2011 et le suicide en cellule au poste de Rivière-du-Rempart le 30 juillet de la même année, prend une autre tournure. Depuis ce matin, la Special Cell du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi accorde priorité au volet consacré au « suicide » d’Anand Kumar Ramdony en cellule au poste de police de Rivière-du-Rempart aux petites heures du matin du 30 juillet 2011. Ce suspect avait été interpellé dans le cadre d’une enquête dans une affaire de recel (Possession of Stolen Property) d’une montre contre paiement de Rs 200. Depuis ce 30 juillet 2011, le doute continue à planer quant aux circonstances de ce drame dans un poste de police en dépit des conclusions d’une enquête judiciaire, présidée la magistrate Ganoo. Depuis ce matin, l’enquête sur le cambriolage et l’agression présumée de Navin Ramgoolam à son bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 a été reléguée au second plan au Central CID. C’est le volet consacré au suicide d’Anand Kumar Ramdony qui a pris le relais, avec pas moins de six escouades de limiers du Central CID pour procéder à l’audition des différents protagonistes. Six des huit officiers de police, qui étaient de service au poste de Rivière-du-Rempart dans la nuit du 29 au 30 juillet 2011, sont au QG du Central CID pour des auditions Under Warning même s’ils pourraient bénéficier du statut de témoins. Dans un premier temps, deux constables et deux caporaux avaient été convoqués en vue d’élucider le décès suspect d’un détenu en cellule policière. En fin de matinée, un inspecteur de police et un constable devaient débarquer aux Casernes centrales. À la mi-journée, aucun détail n’avait filtré quant à l’orientation de l’enquête sur le suicide au poste de police ou encore l’identité des policiers concernés par cette nouvelle audition vu qu’ils avaient déjà donné leurs versions des faits lors de la première enquête policière ou encore lors de leur passage devant l’enquête judiciaire Ganoo. En fin de semaine dernière, deux policiers avaient été interrogés en guise de réouverture de ce dossier. Le but principal de cette nouvelle enquête est de déterminer s’il existe une connexion entre le suicide allégué d’Anand Kumar Ramdony 28 jours après le cambriolage et l’agression au campement de Navin Ramgoolam à Roches-Noires. Cet exercice s’annonce ardu car comme dans le volet du campement de Roches-Noires, où un témoin crucial en la personne du vigile de Brinks, Louis Claude Drapchand est décédé, le même scénario se présente. Jacques Bigaignon, celui qui est accusé d’être l’auteur du vol de la montre de son épouse et de l’avoir vendue à Rs 200 à Anand Kumar Ramdony, est décédé le 29 octobre de l’année dernière suite à des problèmes de surconsommation de boissons alcoolisées. Le témoignage de Jacques Bigaignon est déterminant car il a été l’une des dernières personnes à avoir vu Anand Kumar Ramdony encore en vie, deux heures avant le suicide allégué en cellule policière, le 30 juillet 2011. Jacques Bigaignon et Anand Kumar Ramdony étaient voisins de cellule au poste de police de Rivière-du-Rempart vers la fin de juillet 2011 dans le cadre de l’enquête sur le vol de cette montre, ayant été arrêtés le 25 juillet 2011. Le cas de vol avait été rapporté au poste de Plaine-des-Papayes le 17 juillet vers 18 h 05. Que ce soit dans ses premières dépositions ou lors de l’enquête judiciaire, feu Jacques Bigaignon a soutenu que vers les 2 heures ce matin du 30 juillet, Anand Kumar Ramdony lui avait demandé une cigarette et que vers les 4 heures, il avait entendu un bruit étrange venant d’une des cellules. Ce n’est que dans la matinée qu’il a appris qu’Anand Kumar Ramdony se serait suicidé. Actuellement, les limiers du Central CID sont engagés dans une course contre la montre car jusqu’ici, tous les huit policiers qui étaient de service au poste de police de Rivière-du-Rempart ont systématiquement soutenu n’avoir rien entendu ou noté d’anormal avant que le corps sans vie du détenu ne soit découvert dans sa cellule. Lors d’une Private Notice Question du leader du MMM, Paul Bérenger, sur cette affaire en date du 14 novembre 2011, celui-ci n’avait pas caché son étonnement qu’aucun de ces policiers n’ait rien entendu d’anormal vers les 4 heures du matin ce 30 juillet 2011. Avec l’audition de ces six membres de la force policière, l’enquête sur le campement de Navin Ramgoolam a été downgraded sauf qu’un des membres de la VIPSU affectés à la sécurité de l’ancien Premier ministre en 2011 a été interrogé pendant au moins trois heures ce matin. Des sources officieuses avancent que les enquêteurs du CCID ont voulu chercher des éclaircissements avec cet ancien membre de la VIPSU en prévision de l’interrogatoire Under Warning de Navin Ramgoolam. Cette étape ne devra être franchie qu’après un come-back annoncé de Rakesh Gooljaury, l’ancien partenaire d’affaires de Nandanee Soornack pour une « Further statement » et une éventuelle reconstitution des faits survenus dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 dans le campement de Roches-Noires. À la mi-journée, aucune indication n’était disponible quant au prochain rendez-vous de l’ancien Premier ministre aux Casernes centrales…