Les membres de la minorité, siégeant à l’Assemblée régionale de Rodrigues sous la bannière de l’Union du Peuple de Rodrigues (UPR), ont organisé une manifestation pacifique samedi devant le bâtiment qui servira d’abattoir à Baie-Diamant et ce, en signe de protestation à l’effet que cet abattoir soit géré par une compagnie privée mauricienne. Ils trouvent « inacceptable » que ce « joyau soit donné à une compagnie ‘étrangère’ », alors qu’il y a des Rodriguais capables de faire fonctionner ce bâtiment, en « préservant les acquis » comme mentionné dans le budget récemment présenté par le Chef commissaire.

Le bâtiment, dans son ensemble, a été alloué à la compagnie mauricienne Fine Foods Marketing Ltd, pour sa mise en opération. La signature d’un protocole d’accord a été effectuée le 14 mars dernier entre les responsables de la compagnie et les dirigeants de l’Assemblée régionale. À savoir que Fine Foods Marketing Ltd est un géant de la grande distribution de viande à Maurice et opère dans ce secteur depuis de nombreuses années. Cette compagnie a été sélectionnée après un exercice d’appel d’offres. Huit membres de l’UPR s’étaient rassemblés devant le bâtiment abritant l’abattoir ce samedi matin, avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Nou pe vinn lokater kot nou », « Nou ranze, OPR donn etranze », « Labatwar pou rodrige », « Kolonizasion nou pale », « OPR pe vann pei », « Protez nou aki », ou encore « Rodrige ousi kapav ».

Rosaire Perrine, porte-parole du parti, explique les objectifs de cette action : « Aujourd’hui, c’est une marche pacifique symbolique afin de démontrer l’incompétence du gouvernement régional dirigé par l’OPR, avec comme chef commissaire Serge Clair, qui visiblement prône une politique de braderie. Cet abattoir a été construit pour les Rodriguais il y a dix ans. Depuis tout ce temps, cet abattoir n’a jamais fonctionné comme il le devait. Et nous avons appris qu’ils ont décidé de donner à une compagnie mauricienne la gestion de cet abattoir. Nous ne sommes pas d’accord. Il y a des Rodriguais qui ont signifié leur intention pour cette gestion. Ce gouvernement régional a plusieurs alternatives afin de faire démarrer les activités au sein de l’abattoir. Il ne suffit pas d’en donner la gestion à une compagnie mauricienne et nous ne comprenons pas les raisons derrière cette décision. Plus de 25 Rodriguais ont bénéficié de cours de formation à La Réunion au coût de Rs 4 millions, justement dans le but de faire fonctionner l’abattoir. Nou pe dir ki sa labatwar-la bizin res pou bann Rodrige ek se bann zenn rodrige ki bizin pran an sarz zesion labatwar-la », dit-il.

Pour rappel, la construction de cet abattoir aux normes internationales en 2011 a été financée par le Food Security Fund au coût de Rs 60 millions, sous la tutelle du commissaire de l’Agriculture d’alors, Louis Ange Perrine. L’établissement avait pour vocation de procéder à l’abattage d’animaux tels les bœufs, cabris et moutons, afin d’approvisionner le marché local, mais visait également l’exportation.