Le comité régional de lutte de Rodrigues, las de subir l’acharnement de la Fédération mauricienne de Lutte (FML) et de son président Richard Papie en particulier, a officiellement écrit au ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, le 19 mai dernier. Dans une correspondance signée par la présidente du comité régional, nommément Clairmène Roussety, il est demandé au ministre d’intervenir, afin de mettre un terme à une injustice qui perdure depuis maintenant plusieurs mois.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase demeure sans conteste la décision de la FML de soumettre la candidature du lutteur Cédric Adroit à la place de la Rodriguaise Joyce Milazar pour l’obtention éventuelle d’une bourse auprès de la Solidarité olympique en vue des Jeux olympiques de 2016, à Rio au Brésil. Qui plus est, la déclaration de Richard Papie à une conférence, le 8 mai dernier, à Port-Louis, faisant étant d’une supposée conversation téléphonique qu’il aurait eue avec Joyce Milazar avant de soumettre des noms au Comité olympique mauricien (COM), n’a fait qu’envenimer la situation.  
La lutteuse Joyce Milazar, première médaillée mauricienne (bronze) aux Jeux de la Francophonie de septembre dernier, à Nice en France, n’avait d’ailleurs pas tardé à démentir ces propos auprès de sa présidente Clairmène Roussety. Cette dernière a, elle, dénoncé la candidature de Cédric Adroit dans la mesure où elle écrit qu’un des lutteurs rodriguais, nommément Ramso Ravina, avait battu ce même Adroit lors d’une compétition en présence de l’expert Frédéric Rubio. Clairmène Roussety a ainsi fait part de son grand étonnement par rapport à ce choix et a affirmé que cette enième décision de la FML prouve, si besoin est, que Rodrigues est très mal considérée.
Clairmène Roussety dit également ne plus comprendre l’attitude et surtout cette façon de faire de la fédération à l’encontre du comité régional et de ses lutteurs. Elle a ainsi rappelé que la lutte est pratiquée dans l’île depuis 1999 et que depuis 2005 les élections se font avec les clubs de Maréchal, Grande Montagne, Mont Lubin, La Ferme, Citron Donis, Baie-aux-Huîtres et Malabar. En 2012, a-t-elle précisé, des nouvelles élections se sont tenues avec les clubs de Maréchal, Mont Lubin, La Ferme, Baie-aux-Huîtres, Citron Donis et Grande Montagne.
Ces élections n’ont toutefois pas été reconnues et ce, plusieurs mois après. La fédération exigeant une nouvelle assemblée générale élective. Clairmène Roussety a précisé que, dans un souci de ne pas pénaliser les lutteurs et de ne pas alimenter la polémique, le comité régional a tenu de nouvelles élections le 15 février dernier. Les clubs qui ont pris part sont Maréchal, Mont Lubin, La Ferme et Baie-aux-Huîtres. Une fois encore, a-t-elle souligné, la fédération n’a pas approuvé ces élections arguant cette fois qu’elle ne reconnaît pas ces clubs.
Pour Clairmène Roussety, la façon de faire de la fédération et de son président relève de l’acharnement pur et simple. Selon elle, c’est le fait d’avoir réclamé des explications à Richard Papie en janvier 2013 qui en serait la base de tous ces problèmes. Car elle voulait, en tant que vice-présidente de la fédération d’alors, savoir pourquoi elle n’était pas invitée aux réunions de la fédération et voulait aussi savoir comment les fonds de la fédération étaient gérés. Cela n’a pas plu et a ainsi marqué le début des malheurs du comité régional. Car quelque temps après, l’entraîneur Alec Albert a été remplacé par Antonio Deux Novembre comme entraîneur national, avant que Joyce Milazar, Clairmène Roussety elle-même et le comité régional ne soient suspendus par la fédération.
Ces suspensions avaient toutefois étaient enlevées après l’intervention du ministère de la Jeunesse et des Sports auprès de la fédération. Visiblement, la façon de faire de la fédération et de son président n’a guère changé comme en témoignent les récents événements. Clairmène Roussety a ainsi demandé au ministre Ritoo que cesse, une fois pour toutes, cette injustice et que ses lutteurs bénéficient d’un meilleur traitement de la fédération.
A noter que le comité régional a adressé  copies de cette lettre au Chef commissaire Serge Clair, au commissaire de la Santé et des Sports, Ismaël Valimamode, au ministre de Rodrigues Nicolas Von Mally et au Chef de cabinet du MJS entre autres, Dev Phokeer.