Un procès a été logé devant le Public Bodies Appeal Tribunal (PBAT) par les 243 travailleurs qui avaient été employés sous contrat mensuel depuis 2007 et qui ont été licenciés le 31 décembre dernier. Ce procès comprend deux volets : le premier traitant du cas de 150 licenciés et le second, celui des autres. La première moitié a été appelée cette semaine.
Les travailleurs sont représentés devant le tribunal par Me Jacques Panglose. Le SLO défend les intérêts de l’assemblée régionale de Rodrigues (ARR), alors que l’instance parajudiciaire est elle-même présidée par Shireen Aumeerudy-Cziffra.
Lors de cette première audience, le SLO a argué que le PBAT n’a pas la juridiction requise pour entendre cet appel. Le représentant du Parquet a fait ressortir que, de toute manière, les 243 employés avaient été recrutés sur une base contractuelle renouvelable chaque mois. Selon lui, l’employeur était parfaitement en droit de mettre un terme au non renouvellement de leur contrat fin décembre 2013.
Me Panglose a, quant à lui, rétorqué qu’il faudra que soit établi le fait qu’après cinq ans de travail régulier, ces travailleurs pouvaient être mis à pied aussi aisément, sans autre considération aucune, par l’État, qui est, dans l’état actuel des choses, l’employeur. Il a de plus réclamé que le PBAT siège à Rodrigues, en présence des Rodriguais, qui verront ainsi que « justice is being done ». Il a émis l’opinion que ce procès ne peut se dérouler entre quatre murs à Maurice. La présidente du tribunal d’appel a demandé au SLO de faire connaître sa position le 5 mars prochain par rapport à la demande formulée par Me Panglose.
Cette affaire a causé certains remous à Port-Mathurin. Les travailleurs, dont les contrats sont arrivés à terme le 31 décembre, ont manifesté leur colère dans les rues de Port-Mathurin lors d’une marche pacifique le 11 janvier dernier. Ils ont marché de Pointe-Canon à Port-Mathurin, et ce pour protester contre le non renouvellement de leur contrat.
Rappelons que c’est en octobre 2007 qu’ils avaient été choisis, sur une base contractuelle, pour suivre un programme de formation financé par la National Empowerment Foundation (NEF). À la fin du programme, et après quelques mois au chômage, ils ont été recrutés sur une base mensuelle par l’ancienne administration régionale.
Cette décision devait amener l’ancien Island Chief Executive Jean-Claude Pierre-Louis à loger une plainte contre l’ancien chef commissaire Johnson Roussety, dans laquelle ce dernier a été accusé de « trafic d’influence ». Jean-Claude Pierre Louis estimait que des pressions ont été exercées sur lui par l’ex-Chief Commissioner, qui insistait pour que les employés concernés soient confirmés à leur poste de manière permanente.
Lors de la marche du 11 janvier, les manifestants se sont élevés contre l’actuel gouvernement régional et le chef commissaire, Serge Clair. Ils accusent ce dernier d’être responsable, du fait que leur contrat n’ont pas été renouvelés le 31 décembre. Les licenciés bénéficient du soutien du Mouvement Rodriguais (MR), qui a d’ailleurs retenu les services de Me Panglose pour toute assistance légale qu’ils nécessiteraient. Des responsables du MR étaient d’ailleurs présents à la manifestation.
Pour l’actuel gouvernement régional, il était impossible d’employer ces travailleurs sur une base permanente car le ministère des Finances n’a pas alloué de fonds en ce sens.