Depuis cette semaine, le secteur du tourisme à Rodrigues est en pleine agitation avec deux établissements hôteliers faisant face à de graves diffi cultés fi nancières et entraînant une nette détérioration des conditions d’emploi. En effet, suite à des retards récurrents dans le paiement des salaires depuis novembre 2012, une quarantaine de travailleurs des hôtels Pointe Vénus et Les Cocotiers ont logé une plainte formelle pour rupture de contrat.
À la fermeture de l’hôtel Pointe Vénus & Spa à Rodrigues, les employés ont été réaffectés à l’établissement Les Cocotiers. Les informations en provenance de Rodrigues indiquent que, dans la conjoncture, le Pointe Vénus & Spa ferait l’objet d’une vente qui tourne autour de Rs 125 millions alors que le coût initial de l’établissement est estimé à Rs 250 millions. Toutefois, aucune confi rmation n’était disponible en fi n de semaine pour dire si ce deal sera conclu ou non. Mais selon certaines informations, il se pourrait également que l’établissement Pointe Vénus rouvre ses portes prochainement. Entre-temps, des contacts ont déjà été engagés avec le ministère du Travail à Maurice pour que ces employés soient réembauchés dans la mesure où l’hôtel met défi nitivement la clé sous le paillasson.
À ce stade, la principale interrogation demeure le fait si les employés des établissements Pointe Vénus et Les cocotiers percevront leurs salaires pour le mois de mai, tout en sachant que celui d’avril a été obtenu le 23 mai. « À partir de novembre 2012, la situation s’est complètement détériorée avec une accumulation de retards dans le paiement des salaires. Pou lané nou fi ne gagne la paye le 8 janvier ek bonus fi ne payé en deux fwa », témoigne des employés qui se retrouvent dans une position des plus inconfortables devant la tournure des événements.
De ce fait, une plainte pour rupture de contrat a été logée sous l’article 36 (4) de l’Employment Rights Act. « Koumansman lotel-la ti pé marse bien. Depi ki la direction fi nn sanzé nou lavi inn vine amer. Pa pé konn gère l’hotel ek plizier fwa fi nn fer san taz are nou. Sak fwa travay pa ti pé gagne la paye à temps. Ena environ 15 dimounes ki fi nn refi z met plainte. C’est bann souschef ki marse avek la direction ek ki manzé bwar avek bann responsables-là. Plisieurs fois bann sous-chefs la décourage nou pou fer enn bann démars dan nou lintéret », poursuivent ces mêmes employés.
Ainsi, depuis cette semaine, ils obtiennent le soutien syndical du tandem Jane Ragoo-Reaz Chutoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), qui a fait le déplacement à Rodrigues. Au cour d’une rencontre avec les employés, la syndicaliste Jane Ragoo devait confi rmer les diffi cultés fi nancières de la compagnie qui gère ces deux hôtels en soutenant que la situation s’aggrave de plus en plus.