La desserte aérienne interîles, plus particulièrement Maurice/Rodrigues/Maurice, constitue un des principaux dommages collatéraux avec le passage du cyclone tropical Bansi dans cette partie des Mascareignes depuis le début de la semaine. Ainsi, à hier après-midi, treize vols d’Air Mauritius sur ce secteur ont été annulés, avec la fermeture du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport depuis mardi et ensuite du Sir Gaëtan Duval Regional Airport de Plaine-Corail, Rodrigues, en fin de semaine. Le bilan est que quelque 200 personnes devant se rendre à Rodrigues ont été bloquées à Maurice alors qu’à Rodrigues, le nombre varie entre 700 et 800, ce qui fait que le week-end sera hyperactif aux comptoirs d’Air Mauritius à Rodrigues pour le déblayage de ce backlog de passagers.
Depuis le retrait de l’avertissement de classe IV à Rodrigues, les responsables des différents services sont sur le terrain en vue d’établir un bilan des dégâts du cyclone sur Rodrigues en prévision de la réunion du Rodrigues Disaster Risk Reduction and Management Committee. Le chef commissaire de l’Assemblée régionale, Serge Clair, qui a présidé cette réunion, hier après-midi, dans les locaux de l’Administration à Port-Mathurin, compte mettre les points sur les i quant au respect des prérogatives de l’autonomie dans le cadre de la réhabilitation post-cyclonique.
Dans l’immédiat, la préoccupation majeure dans l’île avec l’éloignement du cyclone Bansi demeure le rétablissement de la liaison aérienne entre les deux îles. Depuis mardi dernier, les communications par avion ont été interrompues par mesure de sécurité et à hier après-midi, Air Mauritius était dans l’attente du feu vert du département de l’Aviation pour la reprise des vols à destination de Rodrigues.
« Ce n’est pas tout que l’alerte cyclonique No IV soit enlevée pour que la compagnie aérienne nationale décide de reprendre la desserte aérienne. Les autorités de l’aéroport à Plaine-Corail doivent au préalable s’assurer que tous les équipements d’aide à la navigation aérienne fonctionnent normalement. Ensuite, il y a l’état des routes à certifier. Il faut que les passagers puissent quitter l’aéroport à Rodrigues pour se rendre chez eux en toute sécurité et que ceux qui doivent rallier l’aéroport puissent le faire dans les meilleures conditions possible », a fait comprendre au Mauricien un porte-parole d’Air Mauritius, qui rappelle, à juste titre, que la compagnie est rompue à ce genre d’exercices suite au passage de cyclones.
Dans le scénario le plus optimiste, les vols auraient pu reprendre dès hier soir, au cas contraire à partir de ce matin. « Nous sommes prêts à reprendre les activités sur la ligne Maurice/Rodrigues/Maurice dès que le clearance est obtenu. L’objectif visé est un retour à la normale au plus tard dimanche avec un maximum de vols opérés samedi. Mais tant que l’Aviation civile ne donne pas de feu, nous ne pouvons rien faire en termes d’annonces », ajoute cette même source comme pour atténuer l’impatience de ceux qui sont bloqués depuis mardi à Maurice ou à Rodrigues.
En principe, pour la reprise des vols, Air Mauritius accordera priorité sur les premiers vols aux passagers enregistrés pour les décollages de mardi et subséquemment. « C’est vrai que des dérogations seront possibles pour des cas d’urgence. Mais ceux qui devaient prendre le vol d’hier ne doivent pas s’attendre à être embarqués sur les premiers départs du jour », fait-on comprendre en sollicitant l’indulgence de ceux concernés avec ce cas de force majeure.
Des informations en provenant de Port-Mathurin indiquent qu’une quinzaine de vacanciers mauriciens sont dans une situation délicate. Ils devaient prendre l’avion à la fin de leur séjour dans l’île depuis mardi mais n’ont pu le faire en raison de l’interruption de la desserte aérienne. Depuis, ils sont à court d’argent pour payer les frais supplémentaires d’hébergement. Certains ont trouvé refuge chez des proches en cette période cyclonique alors que d’autres ont cherché en vain une assistance de la part de la compagnie aérienne nationale.
De son côté, le chef commissaire s’est interrogé sur la présence de résidents d’un établissement hôtelier dans un des centres de refuge de l’île. Il compte réclamer une enquête pour situer les circonstances dans lesquelles ces deux visiteurs en vacances dans l’île et inscrits initialement dans un établissement ont été poussés à chercher refuge ailleurs.
D’autre part, les quelque 300 passagers qui devaient s’embarquer sur le Mauritius Pride pour venir à Maurice en début de semaine, sont actuellement dans l’attente de derniers détails de la Mauritius Shipping Corporation quant à leur voyage. Le Mauritius Pride a dû quitter Port-Mathurin en catastrophe en cours de semaine pour chercher abri en pleine mer et cela sans prendre les passagers à bord.
D’autre part, les récents commentaires du ministre de l’Environnement et de la Prévention des Catastrophes naturelles, Raj Dayal, au sujet de Rodrigues et du cyclone Bansi, ne sont pas au goût du chef commissaire de l’Assemblée régionale. « Ena enn minis dan Moris ki inn dir tsunami dan Rodrig. Dan Rodrig, nou kone ki apel tsunami. Bizin kone ki koze pe koze », a fait comprendre Serge Clair en s’appesantissant sur le fait que Rodrigues, dans le cadre de l’autonomie, dispose de son propre Disaster Risk Reduction and Management Committee et qu’il est important de respecter les prérogatives des instances d’autonomie dans l’île.
Tout semble indiquer que le message de Port-Mathurin a été reçu cinq sur cinq à l’hôtel du gouvernement, car le conseil des ministres note que « a task force will proceed to Rodrigues to assist the Rodrigues Regional Assembly in reconsctruction works ». Et sans plus…