Les enquêteurs du CID de Rodrigues, menés par le chef inspecteur Courteau et sous la supervision de l’assistant commissaire de police, l’ACP Devanand Reekoye, actuellement en mission dans l’île, tentent depuis hier d’élucider les circonstances de la mort atroce qu’a connue Jean-Marc Spéville, âgé de 41 ans. Son corps sans vie a été découvert dans le ravin de Cascade Pigeons, vendredi, au cours des recherches entamées à la suite de sa disparition depuis jeudi. La victime portait de graves blessures à la tête, au visage et au cou. D’ailleurs, l’autopsie pratiquée par l’Acting Chief Police Medical Officer, le Dr Maxwell Monvoisin, à la morgue du Queen Elizabeth Hospital de Crève-Coeur, a attribué le décès à une fracture du crâne et de multiples blessures à la tête et au cou.
Très vite, sur la base de certains témoignages confirmant la présence de la meurtrière présumée dans les parages des lieux du crime, soit l’arrêt d’autobus du Contour Oblas, et at the material time, Vanessa Varden (25 ans), habitant La-Fouche-Corail, a été appréhendée par la police pour interrogatoire. L’emploi du temps de cette salariée d’un supermarché de Coromandel pour la journée de jeudi devait la trahir.
En effet, ce jeudi, Vanessa Varden avait demandé la permission à son employeur de se rendre à Port-Mathurin, afin d’aller régler ses factures d’eau et d’électricité. Elle s’était absentée de son poste pendant trois heures, soit presque au même moment où se déroulait cette agression mortelle. Pour rallier le chef-lieu, la suspecte devait prendre deux autobus, dont le second à Mont-Lubin.
Mais quand Vanessa Varden a regagné son lieu de travail à Coromandel, jeudi, personne ne pouvait se douter qu’elle aurait pu être mêlée à un crime crapuleux. Jusqu’à hier, quand la police est venue l’embarquer, et que la nouvelle s’est répandue dans l’île comme une véritable traînée de poudre. Dans un premier temps, elle devait tenter d’accréditer la thèse qu’elle avait tout simplement bousculé la victime dans le ravin, sur une pente d’au moins 45° et difficile d’accès dans les parages de Cascade Pigeons.
Les graves blessures à la tête de Jean-Marc Spéville ne correspondaient pourtant pas à la version des faits produite par Vanessa Varden. Au fil de l’interrogatoire, elle devait craquer et passer aux aveux, soutenant que le suspect aurait d’abord tenté de l’agresser sexuellement dans un buisson, et qu’en voulant se défendre, elle l’avait assailli d’un coup de coude et projeté par terre. Ensuite, elle aurait saisi une grosse pierre pour le frapper à la tête. Les analyses des blessures subies par la victime indiquent qu’une arme tranchante aurait pu être utilisée. Néanmoins, aucune trace d’arme du crime jusqu’ici.
Sur la base de ces informations, Vanessa Varden a participé hier après-midi à une reconstitution des faits sous forte escorte policière. Les enquêteurs privilégient toutefois la piste d’un complice, compte tenu des caractéristiques de la Scene of Crime. Dans la soirée d’hier, une équipe de policiers a été constituée en vue de rechercher un autre suspect, dont le signalement a déjà été formellement établi. Il n’est pas à écarter qu’une nouvelle reconstitution soit organisée aujourd’hui sur la base de nouvelles indications fournies par la présumée meurtrière.
À hier soir, très peu d’informations ont transpiré sur le motif de ce crime qui a choqué Rodrigues. En tout cas, tout semble indiquer que la victime et la prévenue se fréquentaient, et que ces relations n’étaient pas bien vues par une tierce personne qui les aurait surpris ensemble jeudi. La suite de l’interrogatoire de Vanessa Varden et des membres de l’entourage de la victime est jugée cruciale pour ce volet de l’enquête.
L’alerte avait initialement été donnée vendredi matin par les deux enfants de la victime. Ces derniers étaient inquiets car, pour la première fois, leur père avait découché et n’était pas rentré à la maison. Le véhicule utilitaire de la victime était également introuvable. Jean-Marc Spéville vivait séparé de son épouse depuis environ deux ans.
Les enfants en bas âge avaient approché un voisin, policier de profession, pour lui faire part de leurs inquiétudes. En informant le poste de police de Port-Mathurin de ce cas de Missing, ce voisin devait apprendre que le 4 x 4 de Jean-Marc Spéville se trouvait en bordure de route à Contour Oblas, sur la route menant à Port-Mathurin.
En suivant un sentier menant au ravin de Cascade Pigeons, soit à environ 300m de la route, il devait découvrir le corps de Jean-Marc Spéville, en partie dépouillé de ses vêtements, gisant dans une mare de sang. Les lieux du crime ont ensuite été sécurisés afin de préserver les indices.
Vanessa Varden, qui allègue que la victime aurait tenté de l’agresser sexuellement, devait subir des examens médicaux en vue de relever les traces relatives. La confirmation de ce crime devait jeter la consternation au sein de la population de Rodrigues, alors que la suspecte devait être inculpée du délit provisoire de meurtre jusqu’à la conclusion de l’enquête policière.